Un Québécois innocenté d’un double meurtre commis il y a plus de 40 ans a conclu un accord à l’amiable après avoir poursuivi la province et la Ville de Montréal pour sa condamnation injustifiée.
Claude Paquin, âgé de 83 ans, a été acquitté le 6 novembre 2024, après avoir été condamné en 1983 pour meurtre au premier degré à la suite du décès de deux personnes en 1978. Il a purgé 18 ans de prison et a passé 23 ans en liberté conditionnelle.
Selon La Presse, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec verseront un total d’un peu plus de 20 millions à Claude Paquin.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
Lorsqu’il a obtenu sa libération conditionnelle en 2008, il a contacté Projet Innocence Québec, qui offre un soutien juridique aux personnes condamnées à tort, et a par la suite découvert plusieurs éléments suspects dans son dossier.
Il y a deux ans, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a refusé de le juger une seconde fois après que le ministre fédéral de la Justice eut conclu qu’il existait des motifs raisonnables de croire qu’une erreur judiciaire s’était probablement produite.
En novembre 2025, M. Paquin a intenté une action civile réclamant 64 millions de dollars de dommages-intérêts après avoir subi «la plus longue privation de liberté injustifiée jamais enregistrée au Québec». Il serait également la personne la plus âgée à avoir été innocentée au Canada.
Il a allégué que le Service de police de la Ville de Montréal avait mené une «enquête bâclée» et que la DPCP «avait par la suite agi avec négligence, de manière abusive et malveillante dans le cadre de la procédure judiciaire qui a conduit à sa privation de liberté».
La Ville de Montréal et le procureur général du Québec ont été cités comme défendeurs dans cette affaire. Cependant, vendredi, le cabinet d’avocats qui représentait M. Paquin a annoncé qu’un accord à l’amiable avait été conclu.
«La Ville de Montréal et le procureur général du Québec espèrent que cet accord, qui permet à toutes les parties d’éviter un long procès cet automne, aidera M. Paquin à tourner la page sur ce chapitre difficile de sa vie», a déclaré le cabinet d’avocats Woods dans un communiqué.
En 1983, M. Paquin a été reconnu coupable par un jury, notamment en raison du faux témoignage du délateur Bernard Provençal, qui a menti et accusé M. Paquin, rapporte La Presse.
C’est en 2010 qu’une enquête de l’organisme Projet Innocence Québec qui a finalement permis à M. Paquin de prouver son innocence, car Provençal a finalement reconnu qu’il était derrière le double meurtre.
