Justice

Bébé de deux mois avec 50 fractures: ses parents font face à la justice sept ans plus tard

Malgré ses premiers mois de vie traumatisants, l’enfant est en bonne santé et vit avec des parents d’accueil.

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Les parents d'un bébé québécois ont plaidé coupables devant le tribunal, après qu'il a été établi que leur fille âgée de deux mois avait subi une cinquantaine de fractures, dont une fracture du fémur. Les parents d'un bébé québécois ont plaidé coupables devant le tribunal, après qu'il a été établi que leur fille âgée de deux mois avait subi une cinquantaine de fractures, dont une fracture du fémur.

Plus de sept ans après qu’un bébé de deux mois ait été admis à l’hôpital Sainte-Justine avec une jambe fracturée, ses parents font face à la justice.

AVERTISSEMENT: Cet article, qui est une traduction d’un article de CTV News, contient des détails pouvant heurter la sensibilité du lecteur.

Cette fracture du fémur faisait partie des quelque 50 fractures découvertes sur le corps de la petite fille au cours de sa courte vie.

Selon le représentant du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), le père (nommé M.B. dans l’exposé des faits) du bébé a plaidé coupable de voies de fait, et que la mère (S.R.-P. dans le document judiciaire) a plaidé coupable de négligence envers le bébé.

Le père, aujourd’hui âgé de 36 ans, a été condamné à 18 mois d’assignation à résidence. La mère a plaidé coupable l’année dernière et attend son jugement.

«C’est un bébé de deux mois qui arrive à Sainte-Justine, et l’équipe médicale sur place diagnostique 50 fractures sur différents os de son petit corps. Une enquête approfondie a été menée», a expliqué Me Bruno Des Lauriers à CTV News.

Antécédents de maltraitance et de négligence

Dans l’exposé des faits obtenu par CTV News, M.B. admet avoir cassé la jambe de sa petite fille le 20 novembre 2018.

«Alors qu’il changeait la couche, l’accusé a fait un geste d’impatience envers R.B.-P. ; il a effectué un mouvement brusque près de la jambe de l’enfant en lui mettant la couche», est-il raconté. «Par la suite, l’enfant a pleuré encore plus. L’accusé s’est senti mal, a réalisé qu’il l’avait peut-être blessée, a essayé de la réconforter et l’a ramenée à S.R.-P.»

Le document détaille ensuite comment le père s’est rendu à l’école après avoir blessé la fillette, la laissant aux soins de sa mère. La mère, cependant, n’a pas emmené l’enfant à l’hôpital pendant trois jours, bien que la jambe de l’enfant fût «molle» et enflée.

Elle a emmené l’enfant à l’hôpital que lorsque la grand-mère de l’enfant l’y a exhortée, selon le procureur. La fracture du fémur n’était pas sa seule blessure.

«Au cours de son hospitalisation, les examens médicaux ont révélé environ 50 fractures de dates variables», a-t-on mentionné dans le document. «L’équipe médicale conclut que ces fractures, dont l’âge et la localisation varient, pourraient correspondre à trois ou quatre événements traumatiques non accidentels.»

Après les examens approfondis des médecins, le bébé a été retiré à ses parents.

Selon le document judiciaire, M.B. a finalement admis avoir cassé la jambe de sa fille en changeant sa couche avec impatience, mais il a affirmé ne pas avoir agi avec violence à son égard. Il a par la suite plaidé coupable.

«Ce qui signifie deux choses», a rapporté Me Bruno Des Lauriers. «Cela signifie que nous économisons de précieuses ressources judiciaires, et cela signifie également que l’accusé reconnaît que ce qu’il a fait était mal, ce qui constitue un premier pas dans la bonne direction.»

Un rapport a été établi indiquant que M.B. présentait un très faible risque de récidive, ajouté le procureur. «Il y avait plusieurs circonstances atténuantes assez positives dans cette affaire», a-t-il dit.

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Une grossesse non désirée, des conflits constants

Le document judiciaire indique que le couple ne s’attendait pas à cette grossesse et ne se connaissait que depuis quelques mois.

«Pendant la grossesse, des conflits ont rapidement éclaté entre les deux», peut-on lire dans le document.

Malgré tout, le couple s’est installé ensemble en 2018 et «leur relation s’est détériorée, et les conflits étaient fréquents». La naissance de leur fille n’a pas changé la donne.

Le père est tombé en dépression et a eu des pensées suicidaires, et la mère n’a reçu aucun soutien de sa part, selon le plaidoyer de culpabilité. Il a souvent négligé ses devoirs parentaux et n’avait aucune expérience avec les enfants auparavant.

La mère du bébé «manque également de confiance en elle et en ses compétences parentales» et était «épuisée par les responsabilités quotidiennes liées aux soins de son nouveau-né».

«S.R.-P. en est venue à croire que sa fille ne l’aime pas, voire qu’elle la déteste», a-t-on mentionné dans le document judiciaire. «Lorsque l’enfant dort ou pleure, S.R.-P. panique et interprète la situation comme un rejet de la part de sa fille. C’est pour cette raison qu’elle la réveille souvent.»

S.R.-P. s’est plaint souvent auprès de sa mère et, à un moment donné, lui a envoyé un message texte disant: «J’en ai marre de tout, je veux ficher le camp d’ici.»

«Lorsque sa mère lui a demandé si elle voulait partir avec l’enfant, elle a répondu: “Je ne sais pas”», a-t-on écrit dans le document judiciare. «S.R.-P. a écrit à sa mère: “Je crois que je n’aime pas ma fille.”»

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Une vie heureuse sans séquelles

Malgré ses premiers mois de vie traumatisants, l’enfant est aujourd’hui une fillette de 7 ans en bonne santé qui vit avec des parents d’accueil.

«Elle ne souffre d’aucune séquelle à long terme de ce qui lui est arrivé lorsqu’elle était bébé, ce qui est une excellente nouvelle, et elle est désormais confiée à une famille d’accueil jusqu’à ses 18 ans», a fait savoir Me Bruno Des Lauriers à CTV News.

Les parents biologiques sont autorisés à la rendre visite sous surveillance pendant six heures.