Justice

30 ans requis contre l’ex-président sud-coréen pour l’envoi de drones en Corée du Nord

Il avait déjà été condamné à la prison à vie en février pour «insurrection» pour avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024.

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Le président sud-coréen destitué, Yoon Suk Yeol, assiste à une audience de son procès en destitution à la Cour constitutionnelle de Séoul, en Corée du Sud, le 11 février 2025. Le président sud-coréen destitué, Yoon Suk Yeol, assiste à une audience de son procès en destitution à la Cour constitutionnelle de Séoul, en Corée du Sud, le 11 février 2025. (Lee Jin-man)

Le bureau du procureur sud-coréen a requis vendredi 30 ans d’emprisonnement contre l’ancien président, Yoon Suk Yeol, accusé d’avoir envoyé des drones militaires au-dessus de la Corée du Nord en 2024 afin de la provoquer.

L’ex-chef d’État de 65 ans a déjà été condamné à la prison à vie en février pour «insurrection», pour avoir tenté d’imposer la loi martiale en Corée du Sud en décembre 2024 et avoir envoyé l’armée au Parlement pour le museler. Il a aussi été condamné à cinq ans d’emprisonnement en janvier dans un autre volet de l’affaire.

Vendredi, lors de son troisième procès devant un tribunal de Séoul, les procureurs ont requis 30 ans de prison pour «actes au profit de l’ennemi». Ils reprochent à M. Yoon d’avoir ordonné l’envoi de drones chargés de tracts de propagande au-dessus de Pyongyang en octobre 2024, en vue de déclencher un incident armé qui lui aurait servi de prétexte pour imposer la loi martiale.

Les procureurs ont estimé que sa tentative de «créer de toutes pièces des conditions de guerre» avait ébranlé la sécurité nationale, en accroissant la tension avec le Nord mais aussi en lui livrant des informations classifiées sur du matériel militaire du Sud, les drones s’étant écrasés en territoire nord-coréen.

Les avocats de Yoon Suk Yeol ont rejeté vendredi les accusations, affirmant qu’il n’y avait eu «aucun ordre préalable ni aucune approbation a posteriori» de la part de leur client concernant l’envoi des drones.

Ils ont aussi expliqué que l’opération répondait à l’envoi la même année par la Corée du Nord de ballons plein de déchets vers la Corée du Sud et qu’il s’agissait «d’un acte légitime d’autodéfense», sans lien avec la déclaration de loi martiale.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et sa fille portent des vestes assorties Les médias d’État nord-coréens ont publié jeudi des photos du dirigeant Kim Jong-un et de sa fille sanglés dans des vestes de cuir assorties, pour assister à un défilé militaire à Pyongyang, alimentant les spéculations qui font de la jeune fille l’héritière potentielle de la dynastie.

Contre toute attente, la Corée du Nord avait réagi avec mesure, se contentant d’avertir qu’elle riposterait en cas de nouvel envoi de drones. Cela n’avait pas empêché M. Yoon de tenter malgré tout son coup de force deux mois plus tard, en le justifiant par de vagues menaces représentées, selon lui, par des «forces anti-Etat» à la solde de la Corée du Nord, et par le fait que le Parlement, dominé par l’opposition, refusait d’adopter son budget.

Un nombre suffisant de députés avait toutefois réussi à se faufiler dans le Parlement cerné par les soldats et à voter une résolution contre la loi martiale, obligeant M. Yoon à faire marche arrière.

Le régime civil n’avait finalement été suspendu que six heures, mais cette tentative avait déclenché une profonde crise politique dans le pays. Yoon Suk Yeol, destitué en avril 2025 et actuellement incarcéré, a fait appel de sa condamnation à perpétuité en affirmant avoir agi «pour le seul bien de la nation».