Le président vénézuélien Nicolas Maduro est arrêté par les États-Unis à son domicile, en janvier 2026, créant une onde de choc pour plusieurs pays, mais surtout pour Cuba.
Pour comprendre, il faut revenir aux alentours des années 2000.
En 1999, le Venezuela est dirigé par Hugo Chávez. Il lance à ce moment-là ce qu’il appelle la «révolution bolivarienne», un projet politique de gauche. Le président décide aussi de nationaliser le pétrole.
Le vent de changement au Venezuela provoque des tensions avec les États-Unis et s’accentue quand Nicolas Maduro succède à Hugo Chavez en 2013.
Mais au tournant des années 2000, à Cuba, Fidel Castro est toujours au pouvoir.
Le pays a encore de la difficulté à se remettre de la chute de l’Union soviétique en 1991 parce que l’éclatement de l’ex-URSS a privé Cuba de son principal soutien économique qui a aidé le pays pendant une trentaine d’années.
Cuba est aussi frappé depuis 1962 par l’embargo américain mis en place par le président de l’époque John F. Kennedy pour répondre notamment au rapprochement avec l’ex-URSS.
Début des années 2000: une alliance symbolisant la résistance
À cette époque, Hugo Chavez et Fidel Castro ont le même ennemi politique: les États-Unis.
Fidel Castro a repéré Hugo Chavez lors de sa tentative de coup d’État en 1992 contre l’oligarchie vénézuélienne. Le jeune révolutionnaire a passé deux ans en prison avant d’être gracié. Puis, Fidel Castro a invité Hugo Chavez à La Havane.
Leur amitié s’est tissée tranquillement, mais c’est lors de l’élection de Chavez en 1998 que les deux présidents ont commencé à se fréquenter plus souvent.
Hugo Chavez a toujours vu Fidel Castro comme son mentor. Ils ont alors forgé une alliance sous le regard attentif des États-Unis. Et c’est là qu’une entente clé est née entre les deux pays.
Dès 2000, un accord de coopération a permis d’intégrer les économies. Le Venezuela s’est engagé à fournir à prix réduit du pétrole à Cuba. En échange, le pays des Caraïbes a envoyé des milliers de médecins, professeurs et entraineurs au Venezuela.
Donc, les professionnels cubains sont envoyés dans des quartiers pauvres du Venezuela. Et le pétrole permet à Cuba de faire fonctionner l’économie, le transport et les centrales électriques.
Notons que le système électrique cubain dépend à plus de 80 % de centrales thermiques alimentées au pétrole. Il s’agit donc un échange gagnant-gagnant qui a fonctionné pendant plusieurs années.
Mais le modèle se base sur une condition essentielle: que le Venezuela ait du pétrole à exporter. Mais ce n’est plus vraiment le cas.
Le Venezuela est plongé dans une crise économique majeure depuis une dizaine d’années.
En 2019, le président américain Donald Trump, lors de son premier mandat, a imposé de nombreuses sanctions contre le Venezuela dans le but de renverser le gouvernement vénézuélien.
Les sanctions américaines ont donné lieu à des soulèvements populaires.
2019: sanctions américaines
À l’été 2019, qu’un embargo des États-Unis interdit à toute entreprise américaine d’acheter du pétrole à la compagnie pétrolière publique du Venezuela ou l’une de ses filiales.
Déjà à cette époque, Donald Trump avait évoqué une possible intervention militaire au Venezuela.
Résultat: les livraisons de pétrole vers Cuba diminuent. Et pour Cuba, c’est un choc. Le président cubain a alors annoncé une crise énergétique le 11 septembre 2019.
La crise pétrolière au Venezuela en 2020 a marqué l’apogée de l’effondrement du pays. La production de pétrole a chuté à moins de 900 000 barils par jour. Notons que dans les années 1990 le Venezuela produisait 3 millions de barils par jour. Des conséquences de sous-investissements, de la corruption et de sanctions américaines sévères
2026: arrestation de Nicolas Maduro
Depuis l’arrestation et la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier 2026 par les États-Unis, le Venezuela ne fournit plus aucun pétrole à Cuba.
L’île des Caraïbes fait donc face à une grave crise énergétique. La pénurie de carburant apporte des coupures d’électricité à répétition, un ralentissement des transports, des soins de santé précaire et une paralysie des activités économiques.
Dans ce contexte, chaque baril de pétrole compte.
Les États-Unis, de leur côté, continuent d’accentuer la pression. Washington veut isoler économiquement Cuba et le Venezuela, qu’il considère comme des régimes autoritaires.
Pour Cuba, c’est une situation très fragile, surtout que l’économie est déjà affaiblie. Officiellement, La Havane et Caracas continuent d’afficher une solidarité totale.
Mais la relation entre les deux pays est sous tension puisque Cuba dépend encore fortement du Venezuela. Et le Venezuela n’a vraiment plus les moyens d’aider comme avant.
Cette alliance, qui fut un symbole de résistance, est aujourd’hui un test de survie.
La question maintenant est simple: est-ce que cette relation peut tenir face aux sanctions et aux crises internes?
