🌍 Conflit au Moyen-Orient

Un deuxième aéroport pris pour cible en Arabie saoudite, selon les autorités

La forte escalade sur ce nouveau front de la guerre contre l’Iran menace d’entraîner une implication militaire accrue des États-Unis.

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Des personnes se rassemblent devant une station de métro sur la route menant à l'aéroport international du roi Khaled à Riyad, en Arabie saoudite, le samedi 10 octobre 2026. (AP)

Les autorités saoudiennes ont mentionné dimanche que l’aéroport international du roi Fahd, à Dammam, avait été pris pour cible, sans donner plus de détails.

La ville est située au bord du golfe Persique, près de Bahreïn et du Qatar.

Cette annonce est intervenue quelques heures après que les autorités ont signalé que l’aéroport international de la capitale, Riyad, avait de nouveau été pris pour cible.

Le site Flightradar24 a relevé qu’au moins un vol avait été dérouté depuis l’aéroport de Dammam.

Plus tôt dimanche matin, un projectile a frappé un terminal passagers de l’aéroport international de Riyad, moins d’un jour après qu’il eut été touché par un missile, ce qui avait fait 12 morts.

L’ambassade de l’Inde en Arabie saoudite a déclaré qu’un de ses ressortissants était décédé dimanche des suites de blessures subies lors de l’attaque de samedi, ce qui porterait le bilan à 13 morts.

Les Houthistes ont revendiqué ces attaques ainsi que d’autres.

Les autorités saoudiennes ont indiqué qu’il y avait eu des blessés lors de l’attaque de dimanche contre le complexe de l’aéroport international du roi Khaled, qui a touché les terminaux 3 et 4 destinés aux vols intérieurs.

L’attaque au missile de samedi a été la plus meurtrière dans un pays arabe du Golfe depuis le début de la guerre contre l’Iran, faisant 300 blessés supplémentaires, dont certains dans un état critique. L’aéroport était toujours fermé dimanche.

La forte escalade sur ce nouveau front de la guerre contre l’Iran menace d’entraîner une implication militaire accrue des États-Unis, le président Donald Trump ayant déclaré qu’il envisageait de se joindre à la lutte contre les rebelles.

Cette frappe est survenue peu après que les Houthis ont affirmé que l’aéroport sous leur contrôle, situé dans la capitale yéménite Sanaa, avait de nouveau été touché. Ils ont accusé les Saoudiens, sans toutefois fournir de détails.

L’attaque de samedi contre l’aéroport international de Riyad a été la plus meurtrière dans un pays du Golfe depuis le début de la guerre contre l’Iran. Plus de 300 personnes ont été blessées, dont certaines gravement.

L’attaque de dimanche s’est produite alors que l’aéroport international du roi Khaled restait fermé et que les autorités avaient mis en place l’enseignement à distance dans les écoles de la capitale.

Le président américain Donald Trump envisage de se joindre aux frappes saoudiennes contre les rebelles, un scénario qui pourrait inciter les Houthis à interrompre le trafic maritime sur une voie navigable cruciale et à restreindre davantage les exportations de pétrole en provenance du golfe Persique.

Plus tôt dimanche, le ministère de la Santé, contrôlé par les Houthis, a indiqué qu’un enfant avait été tué et que six personnes avaient été blessées lors d’une frappe aérienne saoudienne présumée sur une maison à Sanaa.

Les autorités saoudiennes n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat et aucune victime n’a été signalée.

Le ministère de la Santé affirme également que 91 Yéménites ont été tués et 168 blessés par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au cours des cinq dernières semaines. Il précise que 60 % des victimes étaient des femmes et des enfants.

Fermetures annoncées

Les autorités saoudiennes ont prolongé la fermeture en cours de l’aéroport jusqu’à au moins 21h dimanche, heure locale, selon Flightradar24.

Bien que les Houthis n’aient pas immédiatement revendiqué l’attaque de samedi, ils ont reconnu avoir pris pour cible des aéroports et des installations pétrolières saoudiens par le passé.

Le général de brigade Yahya Saree, porte-parole militaire du groupe, a mis en garde «toutes les compagnies aériennes, les experts, les employés, les travailleurs et les voyageurs contre l’utilisation des aéroports et de l’espace aérien saoudiens, car ils sont vulnérables aux attaques et sont devenus un théâtre d’opérations pour nos forces».

Il a précisé sur X que les aéroports des villes saintes de La Mecque et de Médine faisaient exception.

La dernière attaque contre l’aéroport saoudien a suscité des condamnations de la part de pays arabes, notamment l’Irak, le Liban et la Syrie, ainsi que du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

«Les attaques menées par les mandataires de l’Iran plongent la région dans une spirale de violence», a écrit Mme von der Leyen dimanche sur X. «Elles déstabilisent des nœuds mondiaux cruciaux en matière de transport et d’énergie.»

Des détails sur les victimes de l’attaque de l’aéroport

L’attaque de samedi a frappé un complexe aéroportuaire abritant les terminaux 3 et 4 destinés aux vols intérieurs, selon un responsable régional s’exprimant sous couvert d’anonymat, car il n’était pas autorisé à s’adresser aux médias.

Un communiqué saoudien a indiqué que parmi les victimes figuraient quatre citoyens saoudiens, deux ressortissants bangladais, un Palestinien, un citoyen américain, une Égyptienne, un Jordanien, une Syrienne et un Soudanais. Il a précisé que plusieurs hôpitaux prenaient en charge les blessés.

La femme égyptienne était une hôtesse de l’air identifiée comme étant Azza Ramzy, âgée de 28 ans, qui travaillait pour la compagnie aérienne saoudienne Flynas, selon la télévision publique égyptienne.

La Syrienne était une veuve, mère de quatre enfants, qui vivait en Arabie saoudite depuis cinq ans, a déclaré un proche à l’Associated Press. L’ambassade de Syrie à Riyad l’a identifiée comme étant Buthaina Ahmad Oweida.

Sa nièce, Nisreen Oweida, a précisé que sa tante était âgée de 56 ans, originaire de la province d’Idlib, dans le nord de la Syrie, et qu’elle avait quitté son pays pendant la guerre civile. Elle vivait à La Mecque et revenait d’une visite chez sa sœur à Riyad lorsqu’elle a été tuée lors de l’attaque contre l’aéroport, a ajouté sa nièce.

Cette attaque devrait accroître la pression exercée par l’Arabie saoudite sur ses alliés, notamment les États-Unis, pour qu’ils apportent un soutien militaire au royaume.

Peu après l’attaque, M. Trump a indiqué qu’il évaluait si les États-Unis devaient se joindre aux frappes saoudiennes contre les rebelles.

«Nous allons examiner la question, a-t-il déclaré. Nous venons tout juste d’apprendre cette attaque. Nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement.»

M. Trump a déclaré plus tard dans la journée de samedi qu’il prévoyait de s’entretenir avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. Interrogé sur une éventuelle implication des États-Unis, M. Trump a répondu : «Nous verrons bien.»

Une intervention américaine renforcerait l’implication des États-Unis dans une guerre régionale impopulaire qui menace le Parti républicain de M. Trump lors des prochaines élections de mi-mandat américaines.

M. Trump et l’Iran affirment tous deux que le calendrier électoral américain n’a aucune incidence sur leurs décisions quant à la manière de mettre fin à ce conflit qui dure depuis sept mois.

Les Houthis ont revendiqué cette semaine des attaques contre l’aéroport international du roi Khaled, qui ont coûté la vie à trois Saoudiens, dont un pilote. L’aéroport ne comporte aucune installation militaire.

Cette recrudescence des attaques, notamment contre d’autres aéroports saoudiens, des installations militaires et des infrastructures pétrolières, s’est produite au cours de la semaine qui a suivi le lancement par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite d’une offensive militaire de grande envergure contre les Houthis.