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Les envoyés américains tiennent des discussions encourageantes à Kyiv

Ce déplacement des Américains survient à la suite d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou samedi.

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au centre, et les émissaires américains Jared Kushner, à droite, et Steve Witkoff, à gauche, marchent avant leurs discussions à Kyiv, en Ukraine, le dimanche 6 septembre 2026. Photo AP (Efrem Lukatsky)

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont tenu dimanche à Kyiv des entretiens «encourageants» lors de leur première visite officielle en Ukraine, dans le cadre d’une nouvelle initiative visant à mettre fin à plus de quatre ans et demi d’invasion à grande échelle menée par la Russie.

Ce déplacement des Américains survient à la suite d’une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou samedi, alors que les deux camps ont intensifié leurs attaques aériennes. Les efforts de Washington pour mettre fin aux combats ont perdu de leur élan, l’administration Trump s’étant concentrée ces six derniers mois sur la guerre contre l’Iran.

La Russie utilise depuis peu des drones à réaction très rapides, et le hurlement récurrent des sirènes d’alerte aérienne fait désormais partie du quotidien à Kyiv. Les troupes peinent à progresser le long de la ligne de front de 1250 kilomètres.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a tenu trois séries de pourparlers avec les Américains dimanche, la dernière ayant réuni les conseillers à la sécurité nationale du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne.

M. Zelensky a déclaré lors d’une conférence de presse que les discussions avaient porté sur les besoins en matière de défense aérienne — notamment les systèmes Patriot — et sur un «programme hivernal» de soutien couvrant à la fois la défense aérienne et les infrastructures énergétiques avant l’arrivée des mois les plus froids. Il a indiqué que Kyiv recherchait un soutien américain «d’envergure» sur ce front, avec également l’appui des partenaires européens.

Le président ukrainien a affirmé que les États-Unis prévoyaient d’augmenter la production de missiles intercepteurs Patriot l’année prochaine, l’Allemagne augmentant également sa propre production dans le cadre des accords de licence existants.

M. Zelensky a rapporté que la Russie avait intensifié ses frappes sur les villes ukrainiennes avant les élections à la Douma d’État russe prévues plus tard ce mois-ci, qualifiant ces attaques de «terrorisme» délibéré contre les civils, et a ajouté que l’Ukraine collaborait avec 67 entreprises nationales pour développer des systèmes permettant d’abattre à grande échelle les drones à réaction russes.

Le dirigeant ukrainien a dit que la question territoriale «restait d’actualité», mais a réitéré son point de vue selon lequel ces questions épineuses «ne peuvent être résolues qu’au niveau des dirigeants».

M. Zelensky a indiqué que les discussions avaient également porté sur les garanties de sécurité à long terme et le soutien économique à la reconstruction de l’Ukraine après la guerre. Il a ajouté qu’une armée ukrainienne forte restait «l’une des principales garanties de sécurité».

M. Zelensky a affirmé que les parties avaient convenu d’organiser une réunion de suivi réunissant l’Ukraine, les États-Unis et l’Europe, bien que le lieu n’ait pas encore été fixé.

M. Witkoff a fait valoir que les États-Unis recherchaient «une résolution diplomatique de ce conflit, et non une résolution par la force». Faisant référence aux discussions de la veille, il a dit que la réunion à Moscou avait donné lieu à de «nouvelles idées» qui avaient ensuite été présentées à Kyiv, et a souligné la présence de conseillers à la sécurité nationale des pays dits de l’«UE-3» — la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni — comme preuve que «la collaboration est essentielle» pour parvenir à un accord.

Les deux parties devront faire des compromis, a soutenu M. Witkoff, ajoutant: «Nous pensons disposer des éléments nécessaires pour y parvenir.»

Interrogé sur la volonté de Washington d’intensifier la pression sur la Russie si les pourparlers ne débouchaient sur aucune avancée, M. Kushner a répondu que l’approche américaine consistait à rechercher une issue «gagnant-gagnant».

Il a précisé que son beau-père, le président américain Donald Trump, ne se concentrait pas seulement sur la fin des combats, mais aussi sur la mise en place d’«un cadre susceptible de déboucher sur une paix durable». Il a aussi affirmé que lui-même et M. Witkoff avaient eu la veille une rencontre «constructive et substantielle» avec Vladimir Poutine, au cours de laquelle ils avaient discuté de ce que la Russie, l’Ukraine et le reste du monde pourraient chacun retirer d’un règlement.

M. Kushner a déclaré que les deux émissaires espéraient relancer les pourparlers trilatéraux impliquant directement la Russie et l’Ukraine, un format utilisé pour la dernière fois il y a environ six mois, et a ajouté que Washington restait en contact quasi quotidien avec les responsables ukrainiens, même entre deux visites.

Pas de percée à Moscou

La réunion à huis clos de samedi à Moscou a duré plus de trois heures et s’est achevée sans annonce de percée majeure. Le conseiller en politique étrangère de Vladimir Poutine, Youri Ouchakov, l’a qualifiée par la suite de constructive, franche et utile, sans toutefois évoquer de résultats concrets.

Si Moscou a présenté son «évaluation exhaustive» de la situation sur le champ de bataille en Ukraine, a précisé M. Ouchakov, les discussions ne se sont pas uniquement concentrées sur la guerre en Ukraine.

«Les questions économiques et les projets communs potentiellement d’envergure et mutuellement bénéfiques pour la Russie et les États-Unis ont été abordés de manière très détaillée», a-t-il déclaré.

La Russie et l’Ukraine continuent d’échanger des tirs

Les présidents Poutine et Zelensky avaient convenu de suspendre les frappes sur leurs capitales respectives pendant la durée des pourparlers avec les émissaires américains. Pourtant, les deux camps ont échangé des tirs dans la nuit de samedi à dimanche, ont indiqué des responsables.

Les attaques russes menées dans plusieurs régions ukrainiennes ont fait un mort et au moins dix blessés dans la nuit de samedi à dimanche, a indiqué le Service national des situations d’urgence ukrainien.

À Zaporijia, des frappes de drones ont tué un homme de 74 ans et blessé trois personnes, tandis qu’un drone a endommagé un immeuble à logements, blessant sept personnes, dans la région de Khmelnytskyï.

L’armée de l’air ukrainienne a déclaré dimanche avoir intercepté 82 drones sur les 108 lancés par la Russie dans la nuit, ainsi que six missiles.

En Russie, un homme a été tué et une femme gravement blessée lorsqu’un drone ukrainien a frappé un véhicule, ont indiqué les autorités locales de la région frontalière de Belgorod.

Le ministère russe de la Défense a indiqué dimanche que ses défenses aériennes avaient abattu, au cours de la nuit, 258 drones ukrainiens au-dessus de 14 régions russes, de la Crimée occupée et des eaux de la mer Noire et de la mer d’Azov.