🗳️ Élections de mi-mandat aux États-Unis

Les Canadiens applaudissent la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat

«Nous sommes absolument ravis du résultat aux États-Unis.»

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De nombreux Canadiens se réjouissent de la victoire écrasante des démocrates lors des élections de mi-mandat américaines, mais leurs avis sont partagés quant à savoir si la réprimande infligée par les électeurs à l’administration Trump changera leur attitude envers les États-Unis dans le contexte de la guerre commerciale.

Les droits de douane imposés par Donald Trump sur des produits canadiens, ses réflexions répétées sur la possibilité de faire du Canada le 51e État américain et l’escalade des tensions – notamment la proposition de rebaptiser le lac Ontario «lac Amérique» – ont eu un impact profond sur les relations entre les deux pays.

La réaction des Canadiens a été vive: nombreux sont ceux qui évitent les voyages transfrontaliers et les produits fabriqués aux États-Unis, et qui remettent en question les liens culturels et économiques de longue date avec leurs voisins américains.

Même si elle se réjouit des résultats des élections de mi-mandat, Juli Taylor n’envisage pas de retourner aux États-Unis dans un avenir rapproché.

«Je suis Canadienne. Nous sommes très fiers de notre pays, on nous a beaucoup malmenés et nous en avons assez — et nous sommes absolument ravis du résultat aux États-Unis», a-t-elle affirmé lors d’une entrevue à Toronto mercredi, au lendemain des élections de mi-mandat.

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Mme Taylor a expliqué qu’elle pourrait songer à passer ses vacances de l’autre côté de la frontière si le différend sur les droits de douane venait à être résolu, «mais ce n’est de toute façon pas (son) premier choix».

«Nous vivons dans un pays magnifique, le meilleur pays du monde, nous devons donc réinvestir notre argent dans notre propre économie», a-t-elle plaidé.

Blair Coyle, qui a lui aussi cessé de se rendre aux États-Unis, espère que la prise de contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat par les démocrates contribuera à apaiser les tensions entre les deux pays.

«Cela signifie que je pourrai peut-être retourner aux États-Unis en vacances», a-t-il mentionné, ajoutant qu’il s’était rendu en Europe à trois reprises cette année à la place.

Uwe Richter est aussi favorable à tout changement politique aux États-Unis susceptible de limiter le pouvoir de Donald Trump. Cela étant dit, il compte tout de même boycotter les produits américains «autant que possible».

Et cela «ne changera pas de sitôt», a-t-il tranché, car «ce que Trump a fait, c’est qu’il a très, très gravement nui aux relations entre nos deux pays».

Confiance ébranlée

Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a déclaré mercredi que la volonté d’Ottawa de diversifier ses échanges commerciaux ne changerait pas avec la prise de contrôle du Congrès par les démocrates.

Il a tout de même noté que les récentes discussions avec l’administration Trump avaient été fructueuses.

Aux yeux de M. Richter, il faudra beaucoup d’efforts pour rétablir la confiance et les relations entre le Canada et les États-Unis.

«Je pense qu’il faudrait que la situation entre nos deux pays change considérablement avant que je n’investisse de l’argent là-bas ou que je m’y rende», a-t-il soutenu dans un parc du centre-ville de Toronto.

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Pour certaines personnes rencontrées par La Presse Canadienne, la défaite des républicains lors de ces élections ne signifie pas nécessairement un changement de cap.

Gerry Carlin a fait remarquer que M. Trump avait prévenu qu’il ferait usage de ses «énormes» pouvoirs de veto si son parti perdait les élections de mi-mandat.

«Je ne lui fais pas confiance, première des choses, et je ne fais pas confiance à ses politiques. Je ne sais pas si elles vont disparaître», a-t-il dit.

«J’espère que le fait que les démocrates détiennent désormais le pouvoir dans les deux chambres atténuera ces mesures, mais on ne sait pas, rien n’est garanti à ce stade», a-t-il ajouté. «Il reste encore deux ans.»

Sharif Hassan

Sharif Hassan

Journaliste