🗳️ Élections de mi-mandat aux États-Unis

Le Congrès américain en jeu: voici les élections de mi-mandat à suivre

Les enjeux sont colossaux pour les deux partis.

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Donald Trump «extrêmement impopulaire»: quel sera l’impact des élections de mi-mandat aux États-Unis? Donald Trump essuiera-t-il un dur revers lors des élections de mi-mandat? Le 3 novembre approche à grands pas et la cote du président américain est en chute libre.

La lutte serrée entre républicains et démocrates continue de s’intensifier à l’approche des élections de mi-mandat américaines de mardi prochain, alors que le contrôle du Congrès est en jeu.

Les enjeux sont colossaux pour les deux partis. Pour les républicains, il en va de leur faible majorité au Congrès et de ce qui reste du programme gouvernemental du président Donald Trump.

Pour les démocrates, c’est l’occasion de limiter l’usage sans précédent des pouvoirs présidentiels de M. Trump jusqu’à la fin de son mandat.

Les sondages indiquent que les démocrates sont sur le point de remporter la Chambre des représentants, où un gain net de trois sièges leur donnerait une faible majorité.

Aux États-Unis, les résultats des élections de mi-mandat ont tendance à se retourner contre le parti du président sortant, et les politiques profondément impopulaires de M. Trump, la hausse de l’inflation et la guerre avec l’Iran mettent de nombreux républicains en péril.

«Quand on examine les sondages, on constate que l’opinion à l’égard de M. Trump et de son administration s’est détériorée. Dans tous les sondages, la tendance est à la baisse depuis deux ans», a souligné Marc Trussler, directeur de la science des données au sein du programme de recherche sur l’opinion publique et les études électorales de l’université de Pennsylvanie.

M. Trussler a ajouté qu’à ce stade, ce serait «une grande surprise si les démocrates ne parvenaient pas à prendre le contrôle de la Chambre des représentants».

Mais l’issue pourrait finalement se jouer sur une poignée de courses au Sénat très disputées, dont certaines dans des États où la guerre commerciale du président avec le Canada est un enjeu majeur des élections.

Le Canada impliqué

Les démocrates doivent remporter quatre sièges supplémentaires pour obtenir la majorité au Sénat. Ils doivent conserver des sièges comme celui du Michigan tout en en remportant d’autres dans des États comme le Maine.

«Ces deux courses sont très serrées, dans la marge d’erreur, a mentionné M. Trussler, qui est Canadien. Et dans les deux cas, le Canada sera très clairement en jeu.»

Les attaques de M. Trump contre le Canada sont devenues un sujet électoral clivant, et c’est surtout le cas dans l’État du Michigan.

L’économie du Michigan est étroitement liée à celle du Canada. La décision du président de retarder l’ouverture du pont international Gordie-Howe a été un sujet très médiatisé pendant la campagne, tout comme la baisse du nombre de visiteurs canadiens provoquée par la rhétorique anti-canadienne de M. Trump.

Les retombées négatives de la guerre commerciale ont été suffisamment graves pour convaincre Mike Rogers, candidat républicain au Sénat du Michigan, de prendre ses distances avec M. Trump.

Une publicité de campagne sortie au début du mois montre M. Rogers buvant une bière Labatt’s et déclarant aux électeurs: «Le Canada n’est pas notre ennemi.»

Ce qui arrivera à Trump en cas de défaite aux élections de mi-mandat Les élections de mi-mandat qui auront lieu le 3 novembre prochain aux États-Unis pourraient être déterminantes pour la suite de la présidence de Donald Trump.

Christopher Sands, directeur du Centre d’études canadiennes de l’université Johns Hopkins, estime que M. Rogers marche sur des œufs, s’efforçant de ne pas s’aliéner M. Trump tout en affirmant aux électeurs qu’il défendrait les intérêts du Michigan.

Si les démocrates ne parviennent pas à conserver le Michigan, leur chemin vers la prise du Sénat sera bien plus difficile.

Le candidat démocrate Abdul El-Sayed — qui a déclaré que la guerre commerciale avec le Canada n’avait aucun sens — ne dispose pas d’une avance nette dans la course électorale de l’État.

M. El-Sayed est une cible constante de M. Trump et des républicains. Ses adversaires ont ressorti d’anciennes déclarations controversées et ont laissé entendre que le démocrate entretenait des liens avec les Frères musulmans.

«Si M. El-Sayed perd, ce ne sera pas à cause de sa position sur le Canada, a souligné M. Sands. Ce sera à cause de certaines des déclarations les plus controversées qu’il a faites.»

Dans le Maine, le sort de la sénatrice républicaine de longue date Susan Collins pourrait également dépendre de la guerre commerciale menée par M. Trump.

L’administration Trump a récemment revu à la baisse ses droits de douane de 50 % imposés au Canada afin d’atténuer l’impact sur le Maine, dans le but d’aider Mme Collins à l’approche des élections.

Mme Collins, qui occupe ce siège depuis 30 ans, s’est présentée comme une républicaine dotée d’un esprit indépendant, capable de collaborer avec l’administration Trump dans l’intérêt de son État. Elle s’oppose depuis longtemps aux droits de douane imposés par le président au Canada.

Alors que les électeurs du Maine sont mécontents des politiques de M. Trump qui ont fait grimper les prix de l’énergie et provoqué l’effondrement du tourisme canadien, les démocrates ont eu du mal à faire passer leur message depuis que le candidat initial du parti, Graham Platner, s’est retiré à la suite d’allégations d’agression sexuelle.

Troy Jackson, qui a remplacé M. Platner, a fait des droits de douane imposés au Canada un enjeu central de sa campagne depuis qu’il a pris la relève en juillet.

Il a accusé Mme Collins de cautionner le chaos instauré par M. Trump et a souligné qu’elle a voté en faveur de la nomination des personnes à l’origine des politiques impopulaires du président.

D’autres courses serrées

Le Canada n’est peut-être pas la priorité des électeurs dans d’autres circonscriptions où la course est serrée, mais les répercussions économiques des politiques de M. Trump constituent des facteurs de motivation majeurs, selon M. Trussler.

Pour que les démocrates prennent le contrôle du Sénat, le scénario le plus probable consiste à remporter également des sièges en Alaska, dans l’Iowa, en Caroline du Nord, dans l’Ohio et au Texas — autant d’États entretenant des relations commerciales importantes avec le Canada.

Dans l’Ohio, le sénateur républicain Jon Husted affronte l’ancien candidat démocrate Sherrod Brown.

M. Husted a été nommé en 2025 à ce siège, précédemment occupé par le vice-président JD Vance. Ces derniers temps, il s’est fait remarquer par les commentaires répétés de M. Trump sur son physique lors de rassemblements de campagne.

Alors que M. Trump a remporté cet État lors des trois dernières élections présidentielles, M. Brown, qui avait perdu la course pour l’autre siège de l’Ohio au Sénat en 2024, a systématiquement obtenu de meilleurs résultats que les candidats démocrates à la présidence dans cet État.

Une autre course très suivie est celle qui se déroule au Texas entre le candidat républicain Ken Paxton, en proie à des scandales, et le candidat démocrate, le James Talarico.

Le Texas n’a pas élu de démocrate à l’échelle de l’État depuis 1994, mais le parti espère que l’impopularité de M. Paxton, même parmi les républicains, permettra à M. Talarico de remporter la victoire dans l’État.

Avec des informations de l’Associated Press

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste