🗳️ Élections de mi-mandat aux États-Unis

L'ancienne adversaire d'El-Sayed appuie le républicain Mike Rogers au Michigan

Cette nouvelle a stupéfié les démocrates de tous bords.

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La représentante démocrate Haley Stevens (à gauche) et son fiancé Jason Turkish (à droite) entourent le candidat républicain au Sénat, Mike Rogers, et sa femme, Kristi Rogers, lors d'une messe dans une église de Detroit, le 1er novembre 2026. AP/Jose... La représentante démocrate Haley Stevens (à gauche) et son fiancé Jason Turkish (à droite) entourent le candidat républicain au Sénat, Mike Rogers, et sa femme, Kristi Rogers, lors d'une messe dans une église de Detroit, le 1er novembre 2026. AP (Jose Juarez)

Haley Stevens, l’ancienne adversaire du candidat démocrate du Michigan Abdul El-Sayed lors des primaires du Sénat américain, a surpris dimanche les responsables de son parti en apportant son soutien au républicain Mike Rogers.

Ce revirement de situation indique que les tensions au sein du Parti démocrate ont atteint leur paroxysme à quelques jours d’un scrutin susceptible de déterminer l’équilibre des pouvoirs au Capitole.

Mme Stevens a apporté son soutien à M. Rogers après avoir assisté avec lui à un office religieux à Detroit. Cette remarquable manifestation de soutien au candidat soutenu par le président Donald Trump dans cette course très disputée intervient après qu’elle a été désinvitée d’un événement commun prévu le même jour avec M. El-Sayed, qui avait battu la représentante de justesse lors des primaires du mois d’août.

«Notre candidat démocrate au Sénat a déclaré que je n’étais plus la bienvenue dans sa campagne et que je devais rester à l’écart, a déclaré Mme Stevens. «Et il a raison. C’est pourquoi j’apporte aujourd’hui mon soutien à Mike Rogers pour le Sénat des États-Unis.»

Bien que Mme Stevens ait critiqué les propos de M. El-Sayed concernant Israël, elle avait récemment réaffirmé qu’elle voterait pour lui. Les conséquences de son appui à Mike Rogers ne se sont pas fait attendre: son chef de cabinet de longue date a démissionné et plusieurs membres de son équipe devraient lui emboîter prochainement le pas, selon une source proche du dossier qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat pour évoquer des questions internes.

Alors que Mme Stevens se tenait aux côtés de M. Rogers à l’église, M. El-Sayed se trouvait à quelques kilomètres de là, dans une autre église, s’efforçant de présenter un front uni avec ses collègues démocrates. L’Associated Press a assisté aux deux offices religieux tandis que ce spectaculaire «écran partagé» se déroulait.

Ces querelles internes de dernière minute surviennent alors que les démocrates cherchent à mobiliser les électeurs noirs et juifs dans leurs bastions clés. M. El-Sayed, ancien responsable de la santé publique du Michigan, est au coude à coude avec Mike Rogers, un ancien membre du Congrès, pour le siège occupé par le démocrate Gary Peters, qui prend sa retraite. Maintenir le Michigan dans le camp démocrate est vital pour les efforts du parti visant à obtenir la majorité pendant les deux dernières années du second mandat de Trump.

«L’union fait la force, la division mène à la ruine», avait déclaré quelques heures plus tôt la représentante démocrate Debbie Dingell.

Mme Stevens devait initialement se joindre au candidat et au représentant Jim Clyburn, de Caroline du Sud, lors d’un événement organisé dans une église. Ces projets ont été annulés après qu’un différend concernant Israël et une publicité de campagne diffusée par un groupe extérieur a dégénéré en un échange public de critiques entre les rivaux.

Dans cette église située au nord de Detroit, Mme Stevens et son fiancé, Jason Turkish, ont assisté à l’office aux côtés de Mike Rogers et de son épouse, Kristi. Turkish avait déclaré la semaine dernière qu’il comptait voter pour le candidat républicain, arguant que M. El-Sayed n’avait pas suffisamment pris en compte les préoccupations de la communauté juive.

Cette nouvelle a stupéfié les démocrates de tous bords.

De son côté, M. El-Sayed a pris la parole pendant près de dix minutes, mais n’a pas abordé la dernière polémique en date.

«C’est dans des églises comme celle-ci, sur des bancs comme ceux sur lesquels vous êtes assis, que les fondements de ma vie ont été posés», a déclaré M. El-Sayed.

Mme Dingell, figure de proue du Parti démocrate dans l’État qui a contribué à organiser cette apparition conjointe dans l’espoir de rassembler les démocrates à quelques jours du scrutin de mardi, a dit avoir demandé à Mme Stevens de ne pas y assister et que celle-ci lui avait répondu qu’elle s’y conformerait.

«C’est moi qui ai annulé cette apparition, car cela devenait beaucoup trop perturbant», a reconnu Mme Dingell lors d’un entretien téléphonique dimanche, avant l’intervention de Mme Stevens. «Pour être tout à fait franche, ce n’est pas ainsi que j’avais prévu de passer mon week-end avant l’élection.»

Mme Dingell et d’autres démocrates insistent sur le fait que le parti est uni derrière M. El-Sayed. Le vote par anticipation est en cours depuis le 24 octobre, avant que les dernières tensions n’éclatent. Mais la reprise des querelles a compliqué les efforts des démocrates pour délivrer un message final unifié dans des zones cruciales telles que Detroit, où le taux de participation pourrait s’avérer décisif.

«Chaque fois que quelqu’un tente de nous monter les uns contre les autres, nous avons le devoir de nous lever et de riposter», a écrit Mme Stevens dans un communiqué publié vendredi soir, qui se terminait par: «Allez voter !»

Ces tensions revêtent une importance particulière dans le comté de Wayne, qui comprend Detroit, et dans le comté voisin d’Oakland. Mme Stevens avait battu M. El-Sayed dans ces deux comtés lors de la primaire d’août, en s’attirant le soutien des électeurs noirs et juifs, qui constituent des composantes importantes de la coalition démocrate.