Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dit mercredi s’attendre à une «nouvelle ère des relations internationales» après la victoire démocrate aux élections de mi-mandat aux États-Unis.
Pretoria est une cible récurrente de Washington depuis le retour de l’administration Trump, qui accuse le pays d’un prétendu génocide des descendants de colons blancs.
Après la création d’un programme de relocalisation de ces Afrikaners, puis la mise en place de restrictions de visas contre des responsables sud-africains, la Maison Blanche a annoncé cette semaine l’exclusion de l’Afrique du Sud de l’accord commercial liant les États-Unis à l’Afrique (AGOA).
«Le changement de majorité à la Chambre des représentants, ainsi qu’au Sénat, va apporter des évolutions», a déclaré aux médias Cyril Ramaphosa après avoir voté mercredi aux élections municipales sud-africaines. «Je pense que cette nouvelle majorité va ouvrir le début d’une nouvelle ère dans les relations internationales.»
«Nous espérons que, sur le plan bilatéral, il y aura un rapprochement des points de vue qui nous permettra de trouver la bonne voie à suivre tant sur le plan géopolitique que sur les questions commerciales et d’investissement», a souhaité le chef d’État.
Le raz-de-marée démocrate, en ouvrant une ère d’incertitude pour le président Donald Trump à deux ans de la fin de son mandat, offre des motifs d’espoir à Pretoria.
L’AGOA, renouvelé en septembre par le Congrès et dont Pretoria est le premier bénéficiaire, n’annulait pas les nouvelles surtaxes douanières mises en place par l’administration Trump, mais exemptait l’Afrique du Sud d’autres droits de douane.
L’exclusion annoncée de Pretoria, à compter du 1er janvier, est le dernier épisode d’une relation orageuse qui s’est assombrie dès le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
Après l’expulsion de son ambassadeur en mars 2025, Cyril Ramaphosa s’était envolé pour Washington pour réparer les liens.
Mais l’entretien télévisé des deux chefs d’État dans le bureau ovale avait donné lieu à une scène surréaliste, rappelant l’embuscade tendue au président ukrainien Volodymyr Zelensky peu auparavant.
Donald Trump avait alors interrompu la session de questions-réponses d’un «Éteignez les lumières», pour diffuser un montage vidéo censé prouver ses accusations de «génocide» à l’encontre de fermiers blancs en Afrique du Sud.
