Le président américain Donald Trump achève les derniers jours d’une campagne électorale mouvementée pour les élections de mi-mandat par des rassemblements dans deux États qu’il a largement remportés par le passé.
Le président se trouvait à Salina, au Kansas, après avoir pris la parole pendant deux heures plus tôt dimanche à Dubuque, dans l’Iowa.
Dans ces deux États, les républicains doivent faire face à une forte opposition des démocrates, qui menace la majorité du Parti républicain au Sénat, alors que celle-ci est déjà en danger à la Chambre des représentants.
Mais dans l’Iowa, M. Trump a insisté sur le fait que les républicains étaient sur le point de remporter des victoires écrasantes lors du scrutin de mardi.
«Nous allons élire des républicains partisans de l’Amérique d’abord à tous les niveaux», a-t-il mentionné.
Avec plus de 54 millions de suffrages déjà exprimés, ces déplacements reflètent la posture défensive du Parti républicain, alors que ces élections s’apparentent à un référendum sur un second mandat de M. Trump à la Maison-Blanche.
Cette année, M. Trump s’est largement concentré sur des États qu’il avait dominés par le passé, alors que les électeurs, y compris ses anciens partisans, s’interrogent sur les répercussions économiques de sa décision d’imposer des droits de douane et de déclencher le conflit en Iran.
La dernière ligne droite de la campagne est en grande partie devenue un test de la force durable de M. Trump au sein d’un Parti républicain qu’il a remodelé à son image il y a une décennie.
Il espère mobiliser des électeurs comme Jon Lutz, un habitant de Dubuque qui regarde sans cesse des vidéos de M. Trump, mais qui a assisté dimanche à son premier rassemblement.
Jon Lutz s’est dit satisfait du bilan du second mandat du président et souhaite que les républicains conservent le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat afin que son programme puisse avancer.
«Il a tenu ses promesses, a déclaré cet ingénieur civil de 60 ans. Je veux qu’il continue sur sa lancée.»
Wendy Kuenzler voyait elle aussi M. Trump pour la première fois dimanche.
Alors qu’elle faisait la queue au stand de restauration, cette femme de 44 ans originaire de Burlington a raconté qu’elle avait le sentiment que l’Iowa se trouvait à un tournant, avec plusieurs élections très disputées. Elle compte soutenir Ashley Hinson, la candidate au Sénat américain.
Mme Kuenzler ne tenait pas M. Trump pour responsable de la hausse des prix de l’essence et des produits alimentaires. «Il est en passe d’y remédier», a-t-elle ajouté.
Au Kansas, Liz Wagner, une restauratrice de 59 ans, a parcouru 266 kilomètres depuis sa ville natale d’Atchison pour assister au rassemblement en plein air de M. Trump à l’aéroport de Salina, au Kansas. Elle a déclaré être d’accord «avec tout ce qu’il dit».
M. Trump parie qu’il pourra surmonter les vents contraires auxquels sont confrontés les républicains cette année en se présentant sans relâche devant ses partisans les plus fidèles.
Mais la vingtaine de rassemblements qu’il a organisés en octobre ont parfois été éclipsés par les digressions décousues de M. Trump et ses descriptions parfois explicites du physique des hommes politiques qu’il soutenait.
Dimanche, le représentant sortant Don Bacon, républicain du Nebraska, a fait part de ses inquiétudes quant au fait que les politiques du président, en particulier les droits de douane, pourraient peser sur le Parti républicain.
«Les droits de douane ne sont pas populaires ici, dans le Midwest, a-t-il déclaré à l’émission «State of the Union» de CNN. J’ai essayé de le dire au président.»
Don Bacon a prédit qu’«il y aura un débat au sein du parti» sur son avenir si des pertes importantes sont enregistrées cette semaine.
Le sénateur Tim Scott, de Caroline du Sud, s’est montré plus optimiste. Le président du Comité national républicain du Sénat s’est dit confiant quant au maintien du Sénat par les républicains et a salué le rôle joué par M. Trump dans la campagne.
«Il ne fait aucun doute que le président Trump a lui-même déclaré que ces élections de mi-mandat le concernaient personnellement, a-t-il souligné à l’émission «Meet the Press» de NBC. Son programme, cela ne fait aucun doute, est en jeu.»
