Le chancelier Merz a affiché mercredi son scepticisme quant à un changement de méthode de Trump après les élections américaines, tandis que son ministre des Affaires étrangères espérait des avancées au Moyen-Orient et en Ukraine.
«Pour être franc, ces deux dernières années, Trump a gouverné en grande partie sans tenir compte du Congrès. Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui?», a déclaré le chancelier allemand, lors d’une conférence à Berlin organisée par les sociaux-démocrates, ses partenaires de coalition.
Donald Trump «a recouru la plupart du temps aux décrets présidentiels, et c’est ce qu’il va continuer à faire», a ajouté Friedrich Merz, constatant que le président américain avait, en vertu de la Constitution, une position plus forte que celle d’un chancelier allemand.
Auparavant, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadepul s’était montré plus optimiste, devant des journalistes à Berlin.
En coopérant étroitement entre les États-Unis et l’Europe, «c’est peut-être une nouvelle occasion de lancer une nouvelle initiative» pour résoudre les conflits aussi bien au Moyen et Proche-Orient qu’en Europe, avait-il dit.
«En ce qui concerne l’Ukraine, je suis plutôt optimiste quant au fait qu’au Congrès, il y aura à nouveau davantage de discussions entre les deux partis sur ce qu’ils peuvent faire ensemble pour soutenir» ce pays, avait ajouté le chef de la diplomatie allemande.
D’habitude, les politiques allemands ont «des échanges très vivants» avec le Congrès et le gouvernement américain, «mais cela a été un peu moins le cas ces deux dernières années», a-t-il ajouté plus tard lors d’une audition parlementaire à la chambre basse du Parlement.
Le ministre conservateur incite donc les membres du Bundestag «à rechercher un échange intensif» avec le Congrès, notamment en se rendant sur place, et à «consacrer du temps à cette relation transatlantique».
Selon M. Wadephul, le résultat des élections américaines, ainsi que ceux d’autres élections récentes partout dans le monde montrent qu’il est de «notre devoir», «en ces temps de remise en cause des normes politiques et des règles internationales, en cette période de polarisation et de populisme, de lutter pour préserver le centre politique»
«C’est un acte de patriotisme que de défendre ce centre contre les ennemis de la démocratie, contre les partisans de l’autoritarisme et de la dictature», a-t-il ajouté.
