États-Unis

Une juge veut savoir si elle a induite en erreur dans l'affaire du golf de Trump

L’administration républicaine prévoit de fermer un terrain de golf et le parc d’East Potomac dès le 15 novembre afin de construire un «terrain de golf de classe mondiale, de niveau championnat».

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Des personnes se déplaçant en véhicule de golf passent près des débris d'un arbre abattu dans un terrain de Washington. AP/Julia Demaree Nikhinson Des personnes se déplaçant en véhicule de golf passent près des débris d'un arbre abattu dans un terrain de Washington. AP (Julia Demaree Nikhinson)

Une juge américaine compte nommer une ancienne procureure fédérale de haut rang afin de déterminer si des avocats et des responsables de l’administration Trump l’ont induite en erreur lors d’un procès contestant l’un des projets de construction phares du président à Wahington: la rénovation d’un parcours de golf public historique situé le long du fleuve Potomac.

Jessie Liu, ancienne procureure fédérale du district de Columbia, devrait examiner si des responsables du ministère de l’Intérieur et du Service des parcs nationaux, ainsi que des avocats du ministère de la Justice, ont enfreint les règles déontologiques ou induit en erreur la juge fédérale de district Ana Reyes.

L’administration républicaine prévoit de fermer le terrain de golf et le parc d’East Potomac dès le 15 novembre afin de construire un «terrain de golf de classe mondiale, de niveau championnat».

Une injonction rendue par Mme Reyes le mois dernier interdit temporairement au gouvernement d’abattre ou d’endommager tout autre arbre sur le parcours, et l’administration doit donner un préavis écrit de dix jours avant d’apporter toute «modification irréparable» à la «forme ou aux caractéristiques» des lieux tant que le procès est en cours.

La juge Reyes donne à chaque partie la possibilité de s’exprimer sur son projet de nommer M. Liu dans cette affaire. Elles doivent le faire par écrit d’ici vendredi, date à laquelle est prévue la prochaine audience dans ce litige.

La magistrate souhaite savoir si les responsables fédéraux ont menti sur l’ampleur des projets de rénovation au cours des mois d’audiences. Elle souhaite également savoir s’ils ont dit la vérité concernant diverses mesures qu’ils ont prises, notamment l’abattage de centaines d’arbres au début du mois dernier. Elle a annoncé, lors d’une audience le 30 octobre, qu’elle ouvrait une enquête officielle sur la conduite du gouvernement. Plus tôt dans l’affaire, elle avait rejeté de nombreuses requêtes des plaignants visant à ce qu’elle intervienne, affirmant qu’elle faisait confiance aux avocats du gouvernement.

En tant que procureure fédérale en chef de la ville, Mme Liu a supervisé certaines des affaires qui lui avaient été transmises par Robert Mueller, alors conseiller spécial, dans le cadre de son enquête sur d’éventuels liens entre l’organisation électorale de Donald Trump en 2016 et la Russie. Donald Trump l’a ensuite nommée au poste de procureure générale adjointe, le troisième poste le plus élevé au sein du ministère de la Justice.

David Super, professeur de droit au Georgetown University Law Center, a déclaré que l’ouverture d’une enquête officielle par un juge pour examiner la conduite des participants à un procès «peut être un prélude à une condamnation pour outrage au tribunal».

Le Pr Super a ajouté que cela reflétait également la difficulté qu’elle a eu à déterminer qui avait ordonné l’abattage des arbres, en dépit des assurances fournies par le ministère de la Justice. «Elle n’a pas le temps de continuer à tenir des audiences longues et complexes et souhaite donc qu’un expert judiciaire restreigne le champ des questions à examiner», souligne-t-il.

Mme Reyes a ordonné la tenue de l’audience du 30 octobre après que de multiples publications de Donald Trump sur Truth Social eurent laissé entendre qu’il existait des projets concernant le terrain de golf et que les travaux devaient débuter le 15 novembre. Le président a déclaré que le parc serait fermé pendant 15 mois, le temps que les travaux se déroulent.

Ces publications de M. Trump, qui ont débuté le 18 octobre, ont créé un climat tendu lors de plusieurs audiences judiciaires ultérieures, au cours desquelles les responsables de l’administration n’ont pas pu confirmer l’existence de ces projets lorsqu’ils ont été interrogés par Mme Reyes. Celle-ci a fini par demander à qui elle devait accorder sa confiance. Le ministère de la Justice a déposé un avis le 28 octobre confirmant que ces projets étaient bien réels.