Le mouvement libanais Hezbollah a estimé jeudi que la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison-Blanche révélait «l’ampleur de la dépendance et la soumission (du pouvoir) à une tutelle étrangère».
Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison-Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir «beaucoup aider» le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.
Cet accord conclu en juin prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël — qui occupe une partie du sud du pays désignée comme «zone de sécurité» — sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.
La formation pro-iranienne, qui s’oppose à l’accord, a déploré dans un communiqué que la visite de M. Aoun n’avait «débouché sur aucun engagement américain» sur un retrait de l’armée israélienne du sud du Liban, ni n’avait mis fin aux tirs israéliens, ni permis un retour sûr des déplacés dans cette région.
«Dans la série ininterrompue des concessions» du pouvoir, cette visite a révélé «l’ampleur de la dépendance et de la soumission à une tutelle étrangère», a ajouté le Hezbollah.
Pendant l’entrevue, Joseph Aoun a insisté sur la nécessité d’un «retrait total» israélien pour avancer dans la mise en œuvre de l’accord.
Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans le conflit régional le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l’Iran, a réitéré son refus des négociations directes entre Israël et le Liban.
L’armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans le village de Zawtar al-Gharbiya dont l’armée israélienne contrôlait les abords.
Le chef de l’armée, Rodolphe Haykal, s’est rendu jeudi sur place où il «a passé en revue les mesures prises» afin de « garantir le retour en sécurité des habitants», selon un communiqué de l’armée.
Un photographe de l’AFP a vu des équipes de secours entrer dans cette localité, qui reste interdite d’accès aux habitants.
Elles ont récupéré trois corps, et poursuivent des opérations de recherche, a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Les violences ont baissé d’intensité depuis la signature en juin d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, en parallèle de négociations entamées en avril entre le Liban et Israël dans une tentative de dissocier le dossier libanais du conflit régional.
Malgré l’accalmie dans les combats, l’armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes et opérations dans et près des zones qu’elle continue d’occuper dans le sud.
L’ANI a rapporté une «forte explosion» dans la localité frontalière d’al-Tiri, l’attribuant à l’armée israélienne. Des tirs israéliens dans une autre localité du sud ont blessé un travailleur syrien, a ajouté l’agence.
Des secouristes affiliés au Hezbollah ont rapporté qu’une frappe israélienne près de Nabatiyé al-Fawqa avait visé une ambulance qui se rendait sur le site d’une précédente frappe, et blessé deux secouristes.
