L’Union européenne et une trentaine de pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada, ont condamné mercredi les exécutions judiciaires de manifestants en Iran, qui se sont récemment multipliées.
Dans une déclaration commune, ils «condamnent avec la plus grande fermeté les exécutions de manifestants qui se poursuivent et le recours à la peine de mort par la République islamique d’Iran», destiné à «faire taire les dissidents, intimider des communautés et punir des personnes exerçant leurs droits fondamentaux».
«Nous appelons le régime iranien à cesser immédiatement d’appliquer la peine de mort et à libérer sans délai toutes les personnes arbitrairement détenues», ajoutent-ils, demandant aussi à l’Iran d’«écouter la voix de son peuple, qui réclame le changement».
Après un premier groupe de 26 États et la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas, «d’autres pays se sont joints à cette déclaration» pour atteindre le nombre de 32 signataires, a déclaré à l’AFP le Quai d’Orsay.
Outre la France, le Royaume-Uni et le Canada, de nombreux États européens comme l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande, les pays baltes et scandinaves, ainsi que l’Australie et la Nouvelle-Zélande portent notamment cette déclaration.
«Sept mois après les crimes de masse commis à l’encontre du peuple iranien qui se levait pour réclamer la justice et la dignité, le régime continue de faire couler le sang en multipliant les exécutions. Cette répression insupportable et inhumaine doit cesser», a écrit sur X le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Mercredi dernier, l’ONU s’est dite «alarmée» par la hausse du nombre des exécutions en Iran, avec au moins 56 personnes mises à mort pour des raisons de sécurité nationale depuis les premières pendaisons liées aux manifestations du début de l’année.
«Plus de cent autres personnes risquent d’être exécutées pour des chefs d’accusation similaires», avait alors alerté le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk, sans compter ceux qui risquent l’exécution pour d’autres motifs.
Les exécutions se sont multipliées en Iran depuis le début du conflit déclenché le 28 février par une offensive américano-israélienne contre ce pays, nombre de personnes exécutées ayant été condamnées pour leur participation aux manifestations qui ont débuté fin décembre.
Le mouvement de protestation, initialement provoqué par la vie chère, s’était rapidement transformé en vastes manifestations antigouvernementales, culminant les 8 et 9 janvier.
Le pouvoir a reconnu plus de 3 000 morts, imputant les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël. Des ONG ayant leur siège à l’étranger affirment que la répression a fait des milliers de morts supplémentaires.
Selon des ONG, dont Amnesty International, l’Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale derrière la Chine.
En 2025, les autorités iraniennes ont fait exécuter au moins 1 639 personnes, un record depuis 1989, selon des données des ONG Iran Human Rights, qui a son siège en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM).
