Une compagnie maritime canadienne a dû reporter à plusieurs reprises son projet de quitter le détroit d’Ormuz après avoir été bloquée pendant près de cinq mois dans le golfe Persique en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Les deux cargos de la société québécoise Desgagnés sont les seuls navires commerciaux canadiens connus à avoir été bloqués dans le golfe lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran fin février.
Pascal Larose, vice-président de Desgagnés, a expliqué que les responsables de la marine américaine à Bahreïn lui ont indiqué un itinéraire permettant d’éviter les mines et lui ont promis une certaine protection le jour du départ, mais qu’il faudra 12 heures pour traverser cette «zone dangereuse». Et personne ne sait à présent quand cela aura lieu.
«C’est une cible mouvante, a mentionné M. Larose lors d’un entretien téléphonique, précisant que le départ dépendait des autorités militaires américaines. Nous suivons leurs recommandations.»
Au début de la semaine dernière, l’entreprise avait pour objectif de faire sortir au moins un de ses cargos de la région dans un délai de sept jours. Cela ne s’est jamais concrétisé. Même lorsque le conflit au Moyen-Orient s’intensifiait, Desgagnés gardait l’espoir d’un départ imminent. Aucun n’a été programmé à ce jour.
«La situation évolue un peu chaque jour», a souligné M. Larose.
Nouveau blocus
Une nouvelle vague d’affrontements entre les États-Unis et l’Iran a suspendu tout projet de départ.
Au cours de la semaine dernière, les forces américaines ont déclaré avoir frappé plus de 300 cibles en Iran, notamment des vedettes militaires près du détroit. D’autres attaques ont suivi mardi. La veille, l’armée iranienne avait annoncé avoir lancé une nouvelle salve de frappes visant des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, ainsi que des sites à Oman et en Jordanie.
Alors que la voie de sortie de ce conflit reste incertaine, le président américain Donald Trump a annoncé lundi qu’il réimposait un blocus naval sur les ports iraniens et exigeait un droit de passage de 20 % sur toutes les marchandises transitant par cette voie maritime stratégique, qui achemine habituellement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Ce projet de péage faisait écho à des menaces antérieures qui ne s’étaient pas concrétisées et contredisait la position initiale de l’administration selon laquelle aucun État ne devrait percevoir de redevances pour le passage en haute mer, un pilier du droit maritime international. M. Trump est revenu sur sa décision concernant les péages mardi matin, affirmant que les États du Golfe concluraient plutôt des ententes d’investissement et commerciales avec les États-Unis.
Une compagnie maritime canadienne a dû reporter à plusieurs reprises son projet de quitter le détroit d’Ormuz après avoir été bloquée pendant près de cinq mois dans le golfe Persique en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Les deux cargos de la société québécoise Desgagnés sont les seuls navires commerciaux canadiens connus à avoir été bloqués dans le golfe lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran fin février.
Pascal Larose, vice-président de Desgagnés, a expliqué que les responsables de la marine américaine à Bahreïn lui ont indiqué un itinéraire permettant d’éviter les mines et lui ont promis une certaine protection le jour du départ, mais qu’il faudra 12 heures pour traverser cette «zone dangereuse». Et personne ne sait à présent quand cela aura lieu.
«C’est une cible mouvante, a mentionné M. Larose lors d’un entretien téléphonique, précisant que le départ dépendait des autorités militaires américaines. Nous suivons leurs recommandations.»
Au début de la semaine dernière, l’entreprise avait pour objectif de faire sortir au moins un de ses cargos de la région dans un délai de sept jours. Cela ne s’est jamais concrétisé. Même lorsque le conflit au Moyen-Orient s’intensifiait, Desgagnés gardait l’espoir d’un départ imminent. Aucun n’a été programmé à ce jour.
«La situation évolue un peu chaque jour», a souligné M. Larose.
Nouveau blocus
Une nouvelle vague d’affrontements entre les États-Unis et l’Iran a suspendu tout projet de départ.
Au cours de la semaine dernière, les forces américaines ont déclaré avoir frappé plus de 300 cibles en Iran, notamment des vedettes militaires près du détroit. D’autres attaques ont suivi mardi. La veille, l’armée iranienne avait annoncé avoir lancé une nouvelle salve de frappes visant des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, ainsi que des sites à Oman et en Jordanie.
Alors que la voie de sortie de ce conflit reste incertaine, le président américain Donald Trump a annoncé lundi qu’il réimposait un blocus naval sur les ports iraniens et exigeait un droit de passage de 20 % sur toutes les marchandises transitant par cette voie maritime stratégique, qui achemine habituellement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Ce projet de péage faisait écho à des menaces antérieures qui ne s’étaient pas concrétisées et contredisait la position initiale de l’administration selon laquelle aucun État ne devrait percevoir de redevances pour le passage en haute mer, un pilier du droit maritime international. M. Trump est revenu sur sa décision concernant les péages mardi matin, affirmant que les États du Golfe concluraient plutôt des ententes d’investissement et commerciales avec les États-Unis.
Une impression de «déjà-vu»
Les dangers liés à la traversée du détroit sont bien réels.
Depuis que les États-Unis et l’Iran ont signé un accord provisoire le 17 juin et que Donald Trump a dit aux «navires du monde entier» de «démarrer leurs moteurs», l’Iran a attaqué au moins cinq navires le long des côtes d’Oman, les États-Unis lançant des frappes de représailles alors que ce couloir reste un sujet de discorde permanent. Le différend porte principalement sur la question de savoir si les navires ont le droit de passer par des voies de navigation plus proches d’Oman plutôt que de se limiter aux couloirs situés près des côtes iraniennes.
Sajjan Gohel, directeur de la sécurité internationale à l’Asia Pacific Foundation, a observé que la récente escalade représentait une «version miniature» du conflit qui avait atteint son paroxysme en mars.
«C’est un étrange sentiment de déjà-vu, qui démontre à bien des égards que cet accord de paix précaire a toujours été très fragile», a-t-il souligné lors d’un entretien téléphonique depuis Londres.
Les hostilités intermittentes qui ont suivi le cessez-le-feu désormais rompu sapent également toute impression de stabilité, essentielle à la fluidité des échanges commerciaux.
«C’est la principale préoccupation de ces navires. Ils peuvent naviguer un lundi sans la moindre entrave. Mais cela ne signifie pas que la situation sera la même le mardi», a expliqué M. Gohel.
Depuis fin mai, les États-Unis ont discrètement guidé certains navires commerciaux à travers le détroit, en leur assurant une couverture aérienne le long d’une route qui longe la côte omanaise.
Leurs transpondeurs étant désactivés pour éviter toute détection, la plupart des navires qui traversent le détroit ne le font qu’après un processus décisionnel à haut risque impliquant les armateurs, les affréteurs, les compagnies d’assurance, les équipages et la marine américaine.
Le trafic sur cette voie navigable a diminué ces derniers jours après avoir augmenté fin juin. Lorsque l’Iran a déclaré le détroit fermé le 12 juillet, le nombre de transits ce jour-là est tombé à seulement 11, le chiffre le plus bas depuis le 14 juin, selon S&P Global’s Commodities at Sea, qui fournit des données sur les flux commerciaux.
Quant aux deux navires de la compagnie Desgagnés, une fois qu’ils auront finalement quitté la région, il se peut qu’ils n’y reviennent pas.
«Il y a de fortes chances que nous refusions. Nous irons ailleurs», a conclu M. Larose.
«Le préjudice est déjà suffisamment important.»

