Conflit au Moyen-Orient

Un responsable de l’ONU accuse le Hamas d’entraver l’acheminement de l’aide à Gaza

Le Hamas continue de contrôler certaines parties de la bande de Gaza, alors même que les forces israéliennes ont étendu leur présence sur le territoire.

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Des Palestiniens se rassemblent près du lieu où un drone militaire israélien a frappé une forge dans le quartier de Sabra, à Gaza, tuant au moins quatre Palestiniens et en blessant un autre, selon des responsables de l'hôpital Shifa le 12 juillet 2026. Photo AP Des Palestiniens se rassemblent près du lieu où un drone militaire israélien a frappé une forge dans le quartier de Sabra, à Gaza, tuant au moins quatre Palestiniens et en blessant un autre, selon des responsables de l'hôpital Shifa le 12 juillet 2026. Photo AP (Jehad Alshrafi)

Un haut responsable de l’ONU a accusé lundi le Hamas d’avoir entravé l’acheminement de l’aide humanitaire, avertissant que les agissements du mouvement islamiste palestinien rendaient les opérations des ONG de plus en plus dangereuses.

Le Hamas continue de contrôler certaines parties de la bande de Gaza, alors même que les forces israéliennes ont étendu leur présence sur le territoire.

Dans un communiqué, le coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a condamné «avec la plus grande fermeté» les entraves aux opérations humanitaires imputées aux autorités de facto de Gaza, en référence au Hamas.

Selon lui, ces agissements ont «mis en danger le personnel humanitaire, intimidé les travailleurs chargés de distribuer une aide alimentaire vitale et perturbé des opérations essentielles».

Les incidents se sont produits samedi dans un point de distribution à Jabalia (nord), où des hommes armés liés au Hamas auraient fait irruption.

Selon le communiqué onusien, des combattants «sont également entrés dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) et auraient agressé deux chauffeurs de camion qui livraient de l’aide humanitaire».

M. Alakbarov a estimé que «ces incidents n’étaient pas isolés» et qu’ils «témoignaient d’une tendance de plus en plus inquiétante faite d’intimidations, de violences et d’entraves, notamment de tentatives de détournement, visant les opérations humanitaires».

Il a averti que de tels actes compromettaient l’acheminement d’une aide indispensable, alors que les civils du territoire ravagé par la guerre font face à une grave crise humanitaire.

Le Hamas a rejeté des accusations «infondées». «La police et les forces de sécurité continuent de protéger les camions d’aide humanitaire et les centres de distribution, et de faciliter le travail des organisations internationales», ne tolérant aucune attaque, a réagi auprès de l’AFP un responsable du ministère de l’Intérieur, dirigé par le mouvement islamiste.

Le Cogat, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens, a lui aussi mis en cause le Hamas.

«Il s’agit d’une nouvelle preuve évidente que le Hamas exploite cyniquement l’espace humanitaire et l’aide destinée aux habitants de la bande de Gaza à ses propres fins», a-t-il dénoncé dans un communiqué.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur à Gaza en octobre, après deux années de guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

La deuxième phase de la trêve, qui prévoit le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, est au point mort depuis plusieurs mois.

Les forces israéliennes ont étendu leur présence ces derniers mois et contrôlent désormais plus de 60% du territoire.

Le Hamas continue d’exercer son autorité sur le reste de la bande de Gaza, mais a annoncé la semaine dernière la dissolution de l’organe de 15 membres qui administrait le territoire depuis près de deux décennies.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza.