Conflit au Moyen-Orient

Un rapport israélien accuse le Hamas de violences sexuelles «systématiques» et «à grande échelle»

Le rapport dit s’appuyer sur «une large documentation factuelle».

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Des personnes se rendent sur le site du festival de musique Nova, où des centaines de fêtards ont été tués et enlevés par le Hamas avant d'être emmenés à Gaza, alors qu'Israël commémore le deuxième anniversaire de l'attaque, près du kibboutz Reim, dans le sud d'Israël, mardi 7 octobre 2025. (Photo AP) Des personnes se rendent sur le site du festival de musique Nova, où des centaines de fêtards ont été tués et enlevés par le Hamas avant d'être emmenés à Gaza, alors qu'Israël commémore le deuxième anniversaire de l'attaque, près du kibboutz Reim, dans le sud d'Israël, mardi 7 octobre 2025. (Photo AP)

Le Hamas et d’autres groupes palestiniens se sont rendus coupables de «violences sexuelles systématiques, à grande échelle» lors de l’attaque du 7 octobre 2023 sur Israël et pendant la captivité des otages à Gaza, selon le rapport d’une commission d’enquête israélienne publié mardi.

«À l’issue d’une enquête indépendante de deux ans, la Commission civile conclut que les violences sexuelles et fondées sur le genre ont été systématiques, à grande échelle, et constitutives des attaques du 7 octobre et de leurs suites», écrit cette commission créée spécifiquement pour enquêter sur le sujet.

Une jeune fille passe devant un graffiti réclamant la libération des otages enlevés lors des attaques transfrontalières menées par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, à Kfar Saba, en Israël, le dimanche 19 janvier 2025. (Photo AP/Ariel Schalit) Une jeune fille passe devant un graffiti réclamant la libération des otages enlevés lors des attaques transfrontalières menées par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, à Kfar Saba, en Israël, le dimanche 19 janvier 2025. (Photo AP/Ariel Schalit)

Parmi les dizaines de témoignages cités dans ce rapport, celui de Raz Cohen, un rescapé du festival de techno Nova, lieu du plus grand massacre de cette journée avec plus de 370 morts, qui a décrit le viol d’une femme.

«Je les ai vus la violer. Pendant qu’ils la violaient, nous l’entendions crier. Puis ils l’ont assassinée. Et ensuite ils l’ont violée à nouveau, même quand elle ne bougeait plus».

Le rapport de 300 pages de cet organisme fondé en novembre 2023 par une juriste israélienne vient compléter d’autres investigations, notamment de l’ONU ou d’ONG internationales, et témoignages de survivants pour documenter l’ampleur des violences sexuelles commises ce jour-là lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël et contre des otages durant leur captivité dans la bande de Gaza.

Contre le déni

«Dans de multiples lieux et à différentes phases de l’assaut, y compris lors de l’enlèvement, du transfert et de la captivité [des otages], le Hamas et ses [alliés] ont eu recours de façon répétée à des tactiques de violences sexuelles et de torture contre les victimes», note le rapport.

«Ces crimes se sont distingués par une extrême cruauté et des souffrances humaines profondes, souvent infligées de manière à intensifier la terreur et l’humiliation», ajoute le texte.

Le rapport dit s’appuyer sur «une large documentation factuelle, comprenant des témoignages filmés originaux de survivants et de témoins, des entretiens, des photographies, des vidéos, des dossiers officiels et d’autres sources primaires provenant des lieux des attaques».

Il conclut «sans équivoque» que «les violences sexuelles et fondées sur le genre ont constitué un élément central de l’attaque du 7 octobre et de la captivité des otages».

On aperçoit ici, le jeudi 12 octobre 2023, le site d'un festival de musique situé près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël. Au moins 260 festivaliers israéliens ont été tués samedi dernier lors de l'attaque menée par des hommes armés du Hamas. (Photo AP/Ohad Zwigenberg) On aperçoit ici, le jeudi 12 octobre 2023, le site d'un festival de musique situé près de la frontière avec la bande de Gaza, dans le sud d'Israël. Au moins 260 festivaliers israéliens ont été tués samedi dernier lors de l'attaque menée par des hommes armés du Hamas. (Photo AP/Ohad Zwigenberg)

«Ces crimes constituent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes génocidaires au regard du droit international», ajoute la Commission civile.

Cette instance dit souhaiter par son travail «faire en sorte que les souffrances endurées par les victimes ne soient ni niées, ni effacées, ni oubliées» et fournir «une base factuelle et juridique solide» en vue de la poursuite des responsables devant les tribunaux compétents.

L’attaque surprise du Hamas a entraîné la mort de 1221 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP.

Le 7 octobre 2023, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées et 41 otages ont péri en captivité. Les autres ont été libérés, dont les 20 derniers en octobre 2025 à la faveur du cessez-le-feu entré en vigueur ce mois-là.

Atrocités

La campagne de représailles militaires israéliennes a dévasté la bande de Gaza et fait des dizaines de milliers de morts.

Israël a accusé les Nations unies et les grandes organisations internationales de défense des droits de l’Homme d’avoir tardé à condamner les violences sexuelles commises le 7 octobre.

Le Hamas a toujours rejeté les accusations de violences sexuelles.

Le rapport de la Commission civile israélienne qui détaille les atrocités commises lors du festival Nova, à Réïm, comme des viols en réunion suivis d’exécutions ou des mutilations génitales, décrit aussi des violences à caractère sexuel commises dans des kibboutz ou des bases militaires attaqués en bordure de la bande de Gaza.

De nombreux témoignages d’anciens otages, cités dans le rapport, évoquent des agressions sexuelles contre les captifs, majoritairement des femmes, mais aussi des hommes, allant de la nudité forcée au viol.

Dans une enquête publiée lundi, le New York Times affirme pour sa part que les violences sexuelles israéliennes sur les détenus palestiniens sont généralisées. Selon le journaliste, rien n’indique cependant «que les dirigeants israéliens ordonnent des viols».

Israël a dénoncé une «campagne anti-israélienne mensongère et soigneusement orchestrée».