Conflit au Moyen-Orient

Un rapport de l'ONU condamne les déplacements de Palestiniens en Cisjordanie

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Des Palestiniens pleurent lors des funérailles de quatre membres de la famille Odeh, tués dans leur voiture par les forces de sécurité israéliennes lors d'une opération militaire à Tammun, en Cisjordanie, le 15 mars 2026. (Photo AP/Majdi Mohammed) Des Palestiniens pleurent lors des funérailles de quatre membres de la famille Odeh, tués dans leur voiture par les forces de sécurité israéliennes lors d'une opération militaire à Tammun, en Cisjordanie, le 15 mars 2026. (Photo AP/Majdi Mohammed) (Majdi Mohammed)

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé mardi son inquiétude face à un possible «nettoyage ethnique» en Cisjordanie occupée, dénonçant l’accélération de la colonisation israélienne et les déplacements de milliers de Palestiniens, une situation qui «s’est intensifiée» ces derniers mois.

Un nouveau rapport du bureau de Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, couvre une période d’un an s’achevant fin octobre et met en garde contre l’expansion des colonies dans de vastes zones de la Cisjordanie et le déplacement forcé de plus de 36 000 Palestiniens.

Depuis ce temps, «le rythme des efforts concertés du gouvernement israélien pour s’emparer du plus grand nombre possible de terres palestiniennes – avec le moins de Palestiniens possible – ne fait que s’accélérer», a soutenu Ajith Sunghay, chef du bureau des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, lors d’une réunion d’information de l’ONU à Genève.

M. Sunghay a relaté que les forces de sécurité israéliennes «continuent de tuer des Palestiniens en toute impunité», mènent des raids quotidiens en Cisjordanie et ont renforcé les restrictions de circulation sur le territoire, entravant ainsi l’accès aux soins de santé, à l’emploi, à l’éducation et aux autres services essentiels.

«Pourtant, les colons israéliens circulent librement et en toute impunité, souvent armés, forçant les familles palestiniennes les unes après les autres à quitter leurs terres», a ajouté M. Sunghay.

Dans un communiqué, M. Türk a affirmé que les autorités israéliennes «jouent un rôle central dans la direction, la participation ou la facilitation de ces agissements», et le rapport dénonce le harcèlement, l’intimidation et la destruction des terres agricoles et des habitations des Palestiniens.

Le ministère israélien des Affaires étrangères et l’ambassade d’Israël à Genève n’ont pas réagi dans l’immédiat.

La majeure partie des déplacements de milliers de personnes a eu lieu dans le nord de la Cisjordanie, où Israël a lancé une vaste offensive militaire début 2025. Le gouvernement israélien affirme que cette opération vise à éradiquer les groupes militants actifs dans la région.

Le rapport indique que ces déplacements «semblent révéler une politique israélienne concertée de transferts forcés massifs dans l’ensemble du territoire occupé, visant à un déplacement permanent, ce qui soulève des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique».

Alliés au gouvernement israélien

Parallèlement, le gouvernement israélien, partisan d’une ligne dure, a poursuivi l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie. La communauté internationale considère majoritairement ces colonies comme illégales, bien que l’administration Trump se soit montrée plus tolérante à leur égard. Le gouvernement israélien est dominé par les dirigeants des colons et leurs alliés politiques.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui relève du secrétariat du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a affirmé que les autorités israéliennes avaient approuvé ou lancé la construction de près de 37 000 logements à Jérusalem-Est occupée et de plus de 27 000 autres ailleurs en Cisjordanie.

M. Türk a appelé à un arrêt immédiat de la construction des colonies et à une réduction de leurs effets, ainsi qu’à l’évacuation de tous les colons et à «la fin de l’occupation du territoire palestinien».

Cet essor de la construction s’accompagne d’une recrudescence des violences perpétrées par les colons contre les Palestiniens. Les dirigeants israéliens ont présenté ces violences comme le fait d’une infime minorité, mais les Palestiniens et les organisations de défense des droits de la personne affirment que l’armée israélienne n’a guère fait d’efforts pour empêcher ces attaques et soulignent que les colons sont rarement tenus responsables de leurs actes.

Plus tôt ce mois-ci, trois Palestiniens ont été tués lors d’un violent affrontement avec des colons près de Khirbet Abou Falah, à l’est de Ramallah. Dans une rare prise de position, l’armée israélienne a fermement condamné les violences perpétrées par les colons.

Bien que ces événements ne soient pas inclus dans la période couverte par le rapport de l’ONU, l’Autorité palestinienne a accusé Israël d’«exploiter le climat de guerre» et le manque d’attention internationale portée à la situation en Cisjordanie pour intensifier l’intimidation, les violences et les déplacements forcés de population.