Conflit au Moyen-Orient

Un navire s'est échoué dans le détroit d'Ormuz, selon la télévision iranienne

Il se serait «échoué avec sa cargaison en raison des eaux peu profondes le long de la route qu’il avait choisie», de sorte qu’il était «incapable de poursuivre sa navigation».

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Des navires commerciaux sont aperçus dans le détroit d’Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le mardi 30 juin 2026. (Amirhosein Khorgooi/ISNA via AP) Des navires commerciaux sont aperçus dans le détroit d’Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le mardi 30 juin 2026. (Amirhosein Khorgooi)

Les négociateurs américains et iraniens ont rencontré séparément mercredi les médiateurs qatariens et pakistanais, enregistrant des «progrès positifs», et ont convenu de poursuivre les discussions, a indiqué le Qatar, pays hôte.

La prochaine réunion sera programmée «dès que possible» après les funérailles de l’ancien guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a indiqué Majed al-Ansari, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, le X. Les funérailles doivent débuter samedi à Téhéran.

Steve Witkoff, envoyé américain au Moyen-Orient, et Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, se trouvaient au Qatar pour des pourparlers visant à mettre définitivement fin à la guerre, aux côtés du principal négociateur iranien, Kazem Gharibabadi.

Les négociateurs cherchent à définir les détails concrets afin d’ouvrir la voie à la conclusion d’un accord par les plus hauts dirigeants, bien que des divergences concernant le détroit d’Ormuz et le Liban pèsent lourdement sur les discussions.

Un navire s’est échoué dans le détroit alors qu’il empruntait une route non approuvée par l’Iran, a rapporté mercredi la télévision d’État à Téhéran. Le navire a été identifié comme un porte-conteneurs étranger, sans autre précision.

Ce reportage semblait viser à souligner les revendications de Téhéran quant au contrôle du détroit, que le monde considère depuis longtemps comme une voie navigable internationale. Un cinquième de l’ensemble du pétrole et du gaz naturel y transitait en temps de paix.

Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre l’Iran le 28 février, ce dernier utilise sa capacité à bloquer cette voie navigable comme un levier de pression majeur, perturbant ainsi les marchés mondiaux de l’énergie et d’autres biens essentiels.

Le détroit d’Ormuz est un point d’achoppement majeur

L’Iran et les États-Unis ont convenu, dans le cadre d’un accord provisoire, d’autoriser le passage des navires sans frais pendant 60 jours. Mais Téhéran a insisté pour contrôler les itinéraires des navires et percevoir ultérieurement des droits de passage, bouleversant ainsi des décennies de pratique dans cette voie navigable.

Les États-Unis et de nombreux États arabes du Golfe affirment qu’ils n’accepteront pas ces redevances. Une initiative d’Oman et d’une agence des Nations unies visant à ouvrir une nouvelle route près des côtes omanaises a déclenché des attaques à travers le Moyen-Orient le week-end dernier, mettant en évidence ces tensions.

La télévision d’État iranienne a affirmé mercredi que le navire «s’était échoué avec sa cargaison en raison des eaux peu profondes le long de la route qu’il avait choisie et qu’il était incapable de poursuivre sa navigation». Elle a ajouté que les armateurs devaient suivre les instructions de la Garde révolutionnaire iranienne, une force paramilitaire, dans le détroit.

La marine de la Garde a averti à plusieurs reprises que «toute entrée ou sortie par des voies autres que la “Route de l’Autorité” dans le golfe Persique pourrait entraîner des incidents irréparables».

Le reportage n’a pas mentionné les deux navires que l’Iran a attaqués ces derniers jours pour avoir osé traverser le détroit sans l’autorisation de Téhéran, dont l’un transportait du pétrole brut en provenance du Qatar.

Le Qatar rencontre les deux parties

MM. Witkoff et Kushner ont rencontré mercredi l’émir régnant du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, ainsi que son ministre des Affaires étrangères, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, selon un communiqué du gouvernement qatari.

Les discussions ont porté notamment sur les détails relatifs au trafic dans le détroit d’Ormuz, a déclaré le vice-président américain J.D. Vance aux journalistes aux États-Unis.

«Évidemment, la question nucléaire nous préoccupe, a affirmé M. Vance. Nous allons commencer à en discuter.»

Le cheikh Mohammed a également rencontré M. Gharibabadi et d’autres responsables iraniens, en présence de médiateurs pakistanais. M. Gharibabadi a mentionné que la délégation iranienne n’avait pas eu de pourparlers directs avec la partie américaine, et que ses discussions avec les médiateurs avaient porté sur le Liban et sur les projets de restitution d’une partie des avoirs gelés de l’Iran, ont rapporté les médias d’État iraniens.

Le Liban reste un sujet épineux dans les négociations. L’Iran a insisté pour que cessent tous les combats entre le Hezbollah, milice soutenue par l’Iran, et les forces militaires israéliennes présentes sur place.

L’Iran a également appelé Israël à renoncer aux territoires qu’il occupe actuellement dans le sud du Liban. Israël insiste sur la nécessité de conserver ces territoires et de disposer d’une totale liberté d’action pour attaquer le Hezbollah, qui mène des attaques contre le nord d’Israël.

Jon Gambrell, The Associated Press