L’armée libanaise a averti mercredi que l’«escalade» israélienne «menaçait» l’application de l’accord-cadre bilatéral dans le sud où des frappes ont fait au moins 29 morts depuis vendredi selon les autorités, malgré le cessez-le-feu.
Cet accord signé fin juin prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des «zones pilotes» évacuées par Israël — qui occupe toujours une partie du sud du pays — sous réserve d’un désarmement du Hezbollah pro-iranien.
Israël «entrave (ses) efforts d’établir la sécurité» dans la région, regrette encore l’armée libanaise.
Dans un communiqué accompagné d’une vidéo sur son compte X, elle a énuméré les mesures qu’elle a prises pour appliquer l’accord et recensé en contre-partie «près de 7 700 violations» d’Israël depuis la signature de l’accord-cadre.
L’objectif d’Israël est «de saper la crédibilité de l’armée libanaise au Liban et aux yeux de la communauté internationale», déplore enfin le communiqué.
Une personne a trouvé la morte mercredi à Nabatiyé après une frappe israélienne, selon un média d’État, ce qui porte dans le sud à 29 le nombre officiel de morts dans ces conditions depuis vendredi.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est déclaré mardi «profondément préoccupé par l’escalade des opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban, en particulier à Nabatiyé et dans ses environs», selon son porte-parole.
Depuis qu’elle a annoncé la semaine dernière avoir pris le contrôle de la crête d’Ali Taher, une position stratégique du Hezbollah à Nabatiyé, l’armée israélienne intensifie ses frappes dans cette région.
Dans une pétition mise en ligne cette semaine, près de 400 personnalités, dont des juristes et des défenseurs des droits humains, ont réclamé «que l’armée libanaise se déploie » dans la ville et ses environs, et que la sécurité y soit «entièrement» confiée à l’État.
«Cette ville n’appartient à aucun groupe politique», ont ajouté les signataires de «l’Appel de Nabatiyé», en référence au Hezbollah implanté dans cette grande ville du sud.
Ils ont également exprimé leur crainte d’une «extension de l’occupation» israélienne vers la ville, située à environ 11 km de la frontière avec Israël.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant début mars des attaques contre Israël en soutien à l’Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4300 morts, selon les autorités.
Israël occupe en outre une bande frontalière d’une dizaine de kilomètres dans le sud et a accusé le Hezbollah de lancer des drones en direction de ses soldats. La formation pro-iranienne n’a plus revendiqué d’attaque depuis le 20 juin.
