🌍 Conflit au Moyen-Orient

Un ministre israélien présente un plan pour vider Gaza de ses habitants

Itamar Ben Gvir a affirmé que plusieurs pays étaient «prêts» à accueillir les Gazaouis, sans préciser lesquels.

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Des Palestiniens portent le corps d'Abdullah Hamouda, 14 ans, qui, selon les autorités sanitaires, a été tué lors d'une frappe militaire israélienne, lors de ses funérailles à Gaza, mardi 1er septembre 2026. Des Palestiniens portent le corps d'Abdullah Hamouda, 14 ans, qui, selon les autorités sanitaires, a été tué lors d'une frappe militaire israélienne, lors de ses funérailles à Gaza, mardi 1er septembre 2026. (Jehad Alshrafi/AP Photo/Jehad Alshrafi)

Le ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben Gvir a présenté jeudi une proposition de campagne pour vider la bande de Gaza de sa population palestinienne qui serait envoyée à l’étranger, à quelques semaines d’élections qui s’annoncent très disputées.

Ce pilier de la coalition au pouvoir dit souhaiter le départ de 250 000 Palestiniens de Gaza en un an, puis du reste des quelque deux millions d’habitants de ce territoire ravagé par la guerre entre Israël et le Hamas au cours des six années suivantes.

Il a publié une brochure de 20 pages, intitulée «programme de travail national pour le transfert volontaire de la bande de Gaza» et que l’AFP a pu consulter.

Si M. Ben Gvir et d’autres membres de la coalition de droite et d’extrême droite au pouvoir multiplient ce type de déclarations, le gouvernement n’a pour l’heure annoncé aucune mesure concrète en ce sens.

«C’est réaliste», a toutefois assuré dans une allocution télévisée le ministre de la Sécurité nationale, dont les déclarations sont régulièrement condamnées à l’étranger. Il a également affirmé que plusieurs pays étaient «prêts» à accueillir les Gazaouis, sans préciser lesquels.

«On doit pousser à l’émigration des habitants de Gaza», a assuré M. Ben Gvir, tout en assurant qu’il ne s’agissait pas de «forcer» les Palestiniens à quitter leurs terres.

Le ministre a ajouté que son parti «Force juive» allait exiger «un ministère chargé de l’émigration» lors de la formation du prochain gouvernement, soulignant que son plan était «concret» et «le fruit d’un an et demi de travail».

La question du devenir de la bande de Gaza est centrale dans la campagne pour les élections législatives qui se tiendront en Israël le 27 octobre.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

Mercredi, le ministre de la Défense Israël Katz avait lui aussi dit que son pays était prêt à transférer les Palestiniens hors de Gaza, à condition que les États-Unis donnent leur feu vert, une mesure qu’il défend depuis plusieurs mois.

Son collègue Bezalel Smotrich, ministre des Finances, à la tête d’un parti d’extrême droite, a même proposé en février d’élargir cette mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.

Le déplacement forcé d’une population civile est un crime de guerre, au regard du droit international.

À Gaza, la plupart des habitants ont été déplacés par la guerre destructrice lancée par Israël après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le Hamas qui ont fait plus de 1200 morts sur le sol israélien.

Depuis trois ans, plus de 73 000 personnes ont été tuées par l’armée israélienne à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par les Nations unies.