🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les Houthis assimilent à une «déclaration de guerre» le soutien militaire égyptien à l’Arabie saoudite

Les Houthis ont dans la foulée affirmé avoir visé une raffinerie du royaume, qui appuie le gouvernement yéménite.

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Un partisan des rebelles houthis du Yémen porte son fusil lors d'un rassemblement en faveur du groupe, à Sanaa, au Yémen, vendredi 9 octobre 2026. Photo AP Un partisan des rebelles houthis du Yémen porte son fusil lors d'un rassemblement en faveur du groupe, à Sanaa, au Yémen, vendredi 9 octobre 2026. Photo AP (Osamah Abdulrahman)

Un haut responsable des Houthis du Yémen a qualifié mardi de «déclaration de guerre» la décision du Caire d’accorder un soutien militaire défensif à l’Arabie saoudite, visée par des attaques répétées du mouvement pro-iranien.

Les Houthis ont dans la foulée affirmé avoir visé une raffinerie du royaume, qui appuie le gouvernement yéménite. Les forces saoudiennes ont pour leur part annoncé avoir intercepté deux missiles tirés par les Houthis sur Riyad.

Ciblé par les combattants pro-iraniens depuis la reprise des hostilités au Yémen en juillet, le royaume saoudien a cherché ces dernières semaines à rallier un soutien international face à ces attaques, devenues quasi-quotidiennes. Son allié américain n’a jusque là pas donné suite à ses appels.

À la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, le Parlement égyptien a lui donné son feu vert lundi aux «mesures nécessaires pour soutenir le royaume saoudien». La nature exacte de cette assistance n’a pas été précisée, mais M. Sissi avait souligné qu’elle serait purement défensive.

L’Égypte et son Parlement «déclarent ainsi la guerre à la République du Yémen, tout en rendant un immense service à Israël», a écrit Mohammed Ali al-Houthi, membre du bureau politique des Houthis, sur son compte Telegram.

Il réagissait à la tenue la veille d’une réunion à Téhéran entre des dirigeants iraniens et des hauts responsables de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie, membres du pacte de défense dit de La Mecque ainsi que médiateurs régionaux dans le conflit au Moyen-Orient.

«Il est vraiment remarquable que, tandis que ces gens vont discuter de ce qu’ils appellent “la paix dans la région”, l’Égypte et son Parlement déclarent leur soutien à la prétendue défense» du royaume.

«Peur d’aucune alliance»

À l’occasion de ce rendez-vous, Riyad a dépêché son ministre de la Défense Khaled ben Salmane, frère du dirigeant de facto du royaume, pour la première fois depuis le début du conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février par des frappes israélo-américaines contre l’Iran.

La reprise après quatre ans d’accalmie du conflit au Yémen, qui a débuté en 2014, a ouvert un nouveau front dans ce conflit régional.

Des images des Houthis montrent des attaques contre les forces soutenues par l'Arabie saoudite Cette nouvelle escalade intervient alors que le conflit yéménite s’est de nouveau intensifié ces dernières semaines.

Les hostilités ont gagné en intensité en septembre, avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge par les combattants pro-iraniens et des attaques d’une ampleur inédite contre le royaume, en particulier sur ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.

L’Égypte ne s’est pas jointe au pacte de défense de La Mecque, conclu en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Mais Riyad, qui a jusqu’ici demandé en vain l’aide de Washington, est depuis longtemps un soutien essentiel du Caire.

«Nous n’avons peur d’aucune alliance», a dit Mohammed Ali al-Houthi.

L’Égypte possède la plus importante armée du monde arabe, forte de centaines de milliers de soldats en activité, d’avions de combat et de systèmes modernes de défense aérienne fournis par divers pays, dont les États-Unis, la Chine, la France et la Russie.

En 2015, elle avait rejoint la coalition dirigée par l’Arabie saoudite en appui au gouvernement yéménite, en apportant notamment des forces navales et aériennes, et en déployant des navires de guerre en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, qui donne accès au canal de Suez contrôlé par l’Égypte.