Conflit au Moyen-Orient

Trump critique Netanyahou et veut impliquer la Syrie au Liban

«Si Israël ne peut pas faire le boulot sans tuer tout le monde, il le fera.»

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Sur cette photo diffusée par le Palais royal saoudien, le président Donald Trump, à droite, serre la main du président par intérim syrien Ahmad al-Sharaa, à Riyad, en Arabie saoudite, le mercredi 14 mai 2025. Sur cette photo diffusée par le Palais royal saoudien, le président Donald Trump, à droite, serre la main du président par intérim syrien Ahmad al-Sharaa, à Riyad, en Arabie saoudite, le mercredi 14 mai 2025. (Saudi Royal Palace/AP)

Donald Trump, en marge du sommet du G7 en France, a critiqué ouvertement mardi la stratégie du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou au Liban et plaidé pour une implication dans ce pays de la Syrie contre le Hezbollah pro-iranien.

Les relations se sont nettement tendues récemment entre le dirigeant israélien et le président américain, qui reproche à Israël de mettre en péril le fragile compromis trouvé avec l’Iran.

Donald Trump a dit avoir «suggéré à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah» au Liban, malgré les fortes réticences de Damas à se mêler de ce conflit.

Israël «se bat contre le Hezbollah depuis trop longtemps» et «trop de gens sont tués», a-t-il critiqué.

«Vous n’avez pas besoin de détruire tout un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu’un parce qu’il y a beaucoup de gens dans ces immeubles», a poursuivi Donald Trump, qui s’exprimait en marge du sommet du G7 à Évian, sur les rives du lac Léman.

Il a au contraire vanté les mérites du dirigeant syrien Ahmad al-Chareh, qu’il apprécie particulièrement, en déclarant : «Ce n’est pas un boy scout mais il a fait un boulot incroyable» en Syrie.

«Il est très bon concernant le Hezbollah», a encore dit le président américain à propos de son homologue syrien, qui a figuré sur une liste de jihadistes recherchés par les États-Unis.

«Sans tuer tout le monde»

«Si Israël ne peut pas faire le boulot sans tuer tout le monde, il le fera», a-t-il estimé.

Ahmad al-Chareh a déclaré récemment à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, avaient indiqué à l’AFP deux personnes ayant assisté à l’entretien.

Donald Trump a répété qu’il n’avait «pas aimé du tout» qu’Israël conduise une attaque à Beyrouth «deux heures avant» que les États-Unis ne concluent un accord avec l’Iran, ce qui aurait pu nuire aux discussions entre Washington et Téhéran.

Dimanche, il avait déjà affirmé au site Axios que ces frappes israéliennes avaient «tout chamboulé» et retardé de plusieurs heures la conclusion de l’accord.

Il s’en était aussi pris violemment à Benjamin Netanyahou: «J’étais furieux. Il n’a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir».

Trump assure que le détroit d’Ormuz sera «complètement ouvert» vendredi Donald Trump a assuré lundi que le détroit d’Ormuz, artère essentielle pour le commerce mondial de pétrole brut, serait «complètement ouvert» vendredi.

«Sans moi, il n’y aurait pas d’Israël» a affirmé le dirigeant républicain, ajoutant: «J’ai eu une excellente relation avec Bibi», le surnom du premier ministre israélien, «mais maintenant, Bibi doit être plus responsable en ce qui concerne le Liban».

La suggestion de Donald Trump va à l’encontre de l’objectif affiché du président syrien, à savoir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Lorsque la Syrie était dirigée par Hafez al-Assad, elle était intervenue en pleine guerre civile en 1976 au pays voisin. Et les troupes syriennes ne s’étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.

Donald Trump avait déjà évoqué début juin une possible action de la Syrie contre le mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah au Liban, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au mouvement libanais, qui était l’allié du président renversé Bachar al-Assad.