Conflit au Moyen-Orient

Trump menace de bombarder des infrastructures civiles iraniennes malgré le coût élevé du conflit

«À partir de maintenant, chaque fois que la République islamique d’Iran tirera sur un navire dans le détroit d’Ormuz (…), les États-Unis bombarderont.»

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Le président Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, mardi 21 juillet 2026, à Washington. Le président Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, mardi 21 juillet 2026, à Washington. (Mark Schiefelbein/AP Photo/Mark Schiefelbein)

À chaque attaque de navire dans le détroit d’Ormuz, au cœur des tensions entre Téhéran et Washington, les États-Unis répliqueront par des frappes sur des infrastructures civiles iraniennes, a averti mercredi Donald Trump, malgré le très élevé coût du conflit.

Les hostilités, qui ont repris le 7 juillet, ont réveillé les inquiétudes des marchés sur l’approvisionnement en hydrocarbures alors que le stratégique détroit est de nouveau verrouillé par l’Iran et que les ports saoudiens sont sous la menace d’un blocus des rebelles yéménites.

Le baril de Brent, référence internationale, est monté mercredi au-dessus des 95$ pour la première fois depuis près de six semaines, loin de l’accalmie qui avait suivi la signature d’un protocole d’accord mi-juin entre Washington et Téhéran. Les cours ont légèrement reflué par la suite et se situaient dans la journée autour de 93,77$.

Les bombardements américains se succèdent désormais sur le sol iranien, et le marasme économique s’accentue dans un pays affaibli par des décennies de sanctions internationales.

«Nous avons encore du mal à subvenir à nos besoins les plus élémentaires et maintenant nous devons en plus faire face aux ravages du conflit», se désespère Aïda, une brodeuse de 34 ans d’Iranshahr (sud-est) jointe par l’AFP à Paris, déplorant l’inflation, la pauvreté et «les missiles sur nos villes chaque nuit».

Mercredi, un missile américain a touché l’île de Larak, située dans le détroit d’Ormuz, où des explosions ont été entendues, selon des médias iraniens. Dans la nuit, la grande ville de Tabriz (nord-ouest) et la province du Khouzestan, proche du Golfe, avaient été ciblés.

Plus de 37 G$

Le président américain a assuré mardi n’en avoir «pas fini du tout» avec l’ennemi iranien.

Au cœur du différend, le contrôle de Téhéran sur Ormuz: la République islamique n’autorise qu’un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s’en prendre à tout navire contrevenant, et veut instaurer des frais de service.

«À partir de maintenant, chaque fois que la République islamique d’Iran tirera sur un navire dans le détroit d’Ormuz (…), les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE, y compris ceux situés près de, ou dans, la capitale Téhéran», a lancé mercredi sur sa plateforme Truth Social le président américain.

Avant de recevoir les dépouilles des trois soldats morts ces derniers jours au Moyen-Orient, il a rejeté les sondages montrant que le conflit était impopulaire auprès des électeurs américains, alors que la hausse des prix du pétrole renchérit le coût de la vie.

Déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines, le conflit a déjà coûté 37,5 milliards de dollars aux États-Unis, selon le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.

«Nous restons ouverts à la diplomatie», a souligné de son côté le secrétaire d’État Marco Rubio auprès de journalistes, en marge d’une réunion à Manille. «Mais pour l’heure, (les Iraniens) ne semblent pas prendre cela au sérieux».

Plus tôt, il s’était inquiété d’un «très dangereux précédent» en cas de maintien du contrôle de l’Iran sur Ormuz, rappelant que la Chine, important partenaire économique de Téhéran, était «opposée à toute forme de péage ou de restriction».

Depuis la reprise des hostilités, qui a fait voler en éclats le cessez-le-feu arraché en avril, l’Iran a resserré son étau sur cette voie stratégique, par laquelle transitait avant le conflit un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.

Avertissements des Houthis

En représailles aux frappes américaines, l’Iran riposte chaque jour en attaquant des pays alliés à Washington dans la région.

En Jordanie, l’armée a intercepté des missiles et des drones iraniens, tandis que les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de Téhéran, a dit y avoir visé des bases américaines. Des sirènes d’alerte ont aussi retenti à Bahreïn.

Donald Trump visé par un complot iranien, selon Israël Israël a transmis à Washington des informations selon lesquelles l’Iran prépare un nouveau plan pour assassiner le président Donald Trump.

De l’autre côté de la péninsule arabique, les Houthis pro-iraniens ont annoncé, après des échanges de tirs la semaine dernière, un blocus des ports d’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde.

Ces rebelles yéménites ont adressé des avertissements radio à des navires, menaçant de prendre pour cible ceux qui tenteraient de se frayer un passage. Et selon des données analysées par l’AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit Bab el-Mandeb.

Le Pakistan, pays médiateur entre Téhéran et Washington et où s’est rendu en début de semaine le ministre de l’Intérieur iranien, s’est dit «profondément inquiet des tentatives visant à entraîner le Royaume d’Arabie saoudite dans le conflit».