Conflit au Moyen-Orient

Trump exige la signature des accords d’Abraham dans le plan de paix avec l’Iran

Signés en 2020, les accords d’Abraham ont mené à la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes.

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Le président Donald Trump prend la parole lors d'un événement intitulé «Fighting For American Workers», vendredi 22 mai 2026, à Suffern, dans l'État de New York. Photo AP Le président Donald Trump prend la parole lors d'un événement intitulé «Fighting For American Workers», vendredi 22 mai 2026, à Suffern, dans l'État de New York. Photo AP (Ryan Murphy)

Donald Trump a exigé lundi de pays à majorité musulmane, en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar, de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d’un potentiel accord de paix avec l’Iran, une contrainte susceptible de compliquer les négociations avec Téhéran.

Dans un long message sur sa plateforme Truth Social, le président américain a énuméré les pays avec les dirigeants desquels il a parlé samedi dans le cadre des discussions pour mettre fin au conflit avec l’Iran: «J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham».

Signés en 2020 et parrainés par Donald Trump lors de son premier mandat à la Maison Blanche, ces accords d’Abraham ont mené à la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes: les Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan. Le Kazakhstan a annoncé en novembre 2025 vouloir rejoindre l’accord.

Mais nombre d’États ont jusqu’ici refusé de se joindre à ce processus, en particulier l’Arabie saoudite.

Avec la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Ryad a écarté toute normalisation avec Israël sans la création d’un État palestinien souverain et viable. Un projet auquel s’oppose le gouvernement du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

De son côté, le Qatar a joué un rôle de médiateur entre Israël et le Hamas sur Gaza, et Doha accueille depuis 2012 la direction politique du mouvement islamiste palestinien. Mais les frappes inédites d’Israël, début septembre 2025, contre des responsables du Hamas à Doha, avaient ulcéré ce petit pays du Golfe.

«Mauvaises intentions»

Dimanche déjà, alors que des responsables américains et iraniens faisaient état d’une percée dans les discussions pour trouver un accord mettant fin au conflit, Donald Trump appelait à «ne pas se précipiter pour conclure un accord» avec Téhéran.

Le président américain écrit lundi que ce processus de reconnaissance de l’État israélien «devrait commencer par la signature immédiate de l’Arabie saoudite et du Qatar, et tous les autres devraient suivre.»

«S’ils ne le font pas, ils ne devraient pas faire partie de cet accord (avec l’Iran), car cela révèle de mauvaises intentions», a écrit le président américain.

«Il est possible qu’un ou deux (pays) aient une raison de ne pas le faire, et cela sera accepté, mais la plupart devraient être prêts», a-t-il encore ajouté lundi.

Donald Trump est même allé jusqu’à évoquer une signature par l’Iran des accords d’Abraham, estimant que «Wow, ça serait franchement quelque chose!», passant outre le fait que les deux pays sont ennemis jurés depuis des décennies.

Ces accords, assure-t-il, «se sont révélés être, pour les pays impliqués,» à l’origine d’un «boom financier, économique et social, même en ces temps de guerre et de conflit.»

Les Émirats arabes unis, signataires des accords et alliés très proche de Washington, ont toutefois été une cible privilégiée de l’Iran depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre Téhéran.