Conflit au Moyen-Orient

Trump approuve un accord nucléaire avec l'Arabie saoudite

L’accord devrait s’étendre sur 30 ans et impliquer des entreprises américaines dans le développement du programme.

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Le président Donald Trump aux côtés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de la visite de ce dernier à la Maison-Blanche, le 18 novembre 2025, à Washington. Photo AP Le président Donald Trump aux côtés du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de la visite de ce dernier à la Maison-Blanche, le 18 novembre 2025, à Washington. Photo AP (Mark Schiefelbein)

Le président Donald Trump a approuvé un accord avec l’Arabie saoudite qui pourrait permettre au royaume de se doter de capacités d’enrichissement d’uranium pour son programme nucléaire civil, selon deux sources proches du dossier.

Ces sources, qui n’étaient pas autorisées à s’exprimer publiquement sur cette décision qui n’a pas encore été officiellement annoncée, ont indiqué que l’accord devrait être rendu public dès mercredi.

L’accord devrait s’étendre sur 30 ans et impliquer des entreprises américaines dans le développement du programme. Il pourrait permettre la construction d’une installation d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite à l’issue d’une étude conjointe américano-saoudienne.

Toutefois, cet accord, qui devrait être soumis au Congrès pour examen, pourrait se heurter à des résistances de la part des législateurs, qui craignent qu’aider les Saoudiens à réaliser leur souhait de longue date d’enrichir leur propre uranium n’ouvre la voie à de nouvelles vagues de prolifération nucléaire et de concurrence.

La Maison-Blanche et les responsables saoudiens à Riyad n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires concernant cette décision, qui a d’abord été rapportée par le Wall Street Journal.

Tant Donald Trump que l’ancien président Joe Biden ont tenté de conclure un accord nucléaire avec le royaume afin de partager la technologie américaine.

Toutefois, les experts en non-prolifération avertissent que toute mise en service de centrifugeuses en Arabie saoudite pourrait ouvrir la voie à un éventuel programme d’armement nucléaire pour le royaume, une option que son leader de facto, le prince héritier Mohammed ben Salmane, a laissé entendre qu’il pourrait envisager si Téhéran venait à se doter de la bombe atomique.

Iran: Trump affirme que les États-Unis saisiront et détruiront l'uranium enrichi iranien Les États-Unis devront s'assurer que l'Iran ne possède pas d'arme nucléaire sans qu'il ils devront prendre des mesures radicales, a affirmé le président Donald Trump aux journalistes jeudi, ajoutant que son pays saisirait et détruirait l'uranium enrichi iranien.

Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, s’est rendu en Arabie saoudite l’année dernière, peu avant la visite de M. Trump dans le royaume, et a discuté avec son homologue saoudien du développement du secteur nucléaire commercial du royaume.

L’Arabie saoudite et le Pakistan, puissance nucléaire, ont déjà signé un pacte de défense mutuelle après qu’Israël eut lancé une attaque contre le Qatar visant des responsables du Hamas.

Le ministre pakistanais de la Défense a alors dit que le programme nucléaire de son pays «serait mis à la disposition» de l’Arabie saoudite en cas de besoin, ce qui a été perçu comme un avertissement à l’encontre d’Israël, longtemps considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient.

L’enrichissement ne mène pas automatiquement à l’arme nucléaire. Un pays doit également maîtriser d’autres étapes, notamment l’utilisation d’explosifs puissants synchronisés, par exemple. Il ouvre toutefois la voie à la militarisation, ce qui a alimenté les inquiétudes de l’Occident concernant le programme iranien.

Les Émirats arabes unis, voisins de l’Arabie saoudite, ont signé avec les États-Unis ce que l’on appelle un «accord 123» afin de construire leur centrale nucléaire de Barakah avec l’aide de la Corée du Sud. Mais, les Émirats arabes unis l’ont fait sans chercher à se doter de capacités d’enrichissement, ce que les experts en non-prolifération considèrent comme la «référence absolue» pour les pays souhaitant se doter de l’énergie nucléaire.