Les armes sont restées silencieuses lundi entre les États-Unis et l’Iran pour la troisième journée consécutive, mais l’Arabie saoudite, alliée de Washington, a affirmé avoir intercepté une attaque de drones lancée depuis l’Irak par des groupes pro-iraniens.
Le ministère saoudien de la Défense a imputé ces attaques à «des milices terroristes soutenues par l’Iran», sans qu’aucune revendication n’ait été émise. Pour leur part, les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen ont annoncé lundi avoir visé des infrastructures pétrolières saoudiennes, ce que Ryad n’a pas confirmé.
Sur le théâtre principal du conflit régional, déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l’Iran, les affrontements n’ont en revanche pas repris depuis trois jours.
L’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, avait affirmé dimanche que Donald Trump voulait ainsi «laisser de la place aux négociations» qui «se poursuivent», mais Téhéran a démenti lundi tout pourparler actif avec Washington.
«Des médiateurs peuvent nous transmettre des messages de la part des Américains (…) Mais à l’heure actuelle, nous ne sommes engagés dans aucune négociation avec les États-Unis», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
«Nous sommes en pourparlers très approfondis avec l’Iran», n’en a pas moins déclaré le président américain au site Axios. «Si cela ne fonctionne pas, nous reviendrons à une action militaire très forte», a-t-il ajouté.

Revendication des Houthis
De son côté, Ryad a appelé Bagdad à «prendre toutes les mesures nécessaires afin d’empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression».
L’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe avaient accusé des groupes armés pro-iraniens d’avoir mené des vagues d’attaques contre leur territoire lors de la précédente phase du conflit, mais ces factions en Irak n’ont revendiqué aucune attaque dans la région depuis la reprise des affrontements entre Washington et Téhéran au début du mois.
Au Yémen, le porte-parole militaire des Houthis a affirmé que «plusieurs cibles sensibles et sites impliqués dans l’acheminement et le transport du pétrole brut» saoudien vers Yanbu, la ville portuaire où l’oléoduc est-ouest de la monarchie du Golfe débouche sur la mer Rouge, «ont été frappés à l’aide de plusieurs drones».
Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite, et les Houthis ont repris le 13 juillet les hostilités, après quatre ans de trêve, et les rebelles yéménites ont annoncé le 20 juillet vouloir bloquer le trafic en mer Rouge et dans le golfe d’Aden des navires d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
Optimisme sur les marchés
M. Baghaï a aussi affirmé que Washington n’était pas impliqué dans les récentes discussions avec Oman sur l’administration du détroit d’Ormuz, de nouveau verrouillé par l’Iran, et par lequel transitait avant le conflit quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial.
Après un protocole d’accord signé le 17 juin et censé ouvrir la voie à des négociations, les violences avaient repris le 7 juillet sur fond de tensions dans cette voie stratégique: Washington a dit avoir frappé de multiples cibles militaires, tandis que Téhéran a lancé des drones et des missiles en représailles sur des alliés de Washington dans la région.
L’Iran insiste pour conserver le contrôle du détroit et veut en faire payer le passage. Selon la télévision d’État, la marine des Gardiens de la Révolution a empêché lundi six navires d’emprunter le détroit après qu’ils ont tenté d’y transiter par des routes non autorisées.
Malgré ce blocage persistant, les investisseurs ont préféré retenir lundi l’interruption des bombardements: après avoir grimpé au-delà des 100$ le baril la semaine dernière, le Brent — référence internationale — évoluait lundi autour des 90$, en chute de plus de 11%, suscitant l’optimisme des marchés boursiers mondiaux.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, attendu mardi à la Maison-Blanche pour une première rencontre depuis le début du conflit, a dit dimanche «soutenir pleinement les efforts» de Donald Trump pour parvenir à mettre fin aux ambitions nucléaires de Téhéran.
«S’il peut y arriver sans revenir à des combats de haute intensité, c’est très bien», a-t-il affirmé.
