Les forces armées iraniennes ont affirmé jeudi que quatre nouveaux pétroliers avaient pris feu après avoir percuté des mines dans le détroit d’Ormuz, Washington assurant au contraire l’avoir déminé en grande partie.
Trois navires «contrevenants ont explosé et pris feu après avoir heurté des mines alors qu’ils tentaient d’emprunter la voie non autorisée au sud du détroit», ont d’abord déclaré les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de l’Iran, dans un communiqué.
Ils avaient «désactivé leurs radars et systèmes de navigation» et ignoré les avertissements, selon les Gardiens, qui ont ajouté avoir saisi un drone de reconnaissance américain dans la zone.
L’origine de la cargaison et les pavillons des navires n’ont pas été précisés.
L’armée iranienne a ensuite annoncé qu’un autre pétrolier avait été touché.
Le navire, «qui opérait illégalement dans une zone restreinte et dangereuse (…), a été endommagé et a pris feu après avoir heurté des mines navales», a-t-elle déclaré dans un communiqué diffusé par la télévision d’État.
L’agence maritime britannique UKMTO a de son côté signalé un bateau en feu dans le détroit, au large d’Oman.
Elle a précisé que, selon les autorités régionales, il s’agissait d’un boutre, navire traditionnel dans le Golfe, qui a fait naufrage après avoir «été impliqué dans un incident de sûreté maritime, déclenchant un important incendie à bord». L’équipage a été évacué en toute sécurité.
Le détroit d’Ormuz, bordé au nord par les côtes iraniennes et au sud par le sultanat d’Oman, fait une trentaine de kilomètres dans sa partie la plus étroite.
L’Iran revendique le contrôle de cette stratégique voie maritime, par où transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant le conflit déclenché fin février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran. Et il prend régulièrement pour cible des navires qui s’y aventurent sans son autorisation en longeant les côtes omanaises.
Washington impose en retour un blocus des ports iraniens et escorte des pétroliers le long de cette route, alors que les négociations entre les deux pays sont dans l’impasse.
Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a récemment affirmé avoir aidé les pays du Golfe à exporter 1,5 milliard de barils de pétrole via le détroit depuis l’été, en contournant le verrou iranien. Il a assuré sur X que «les principales voies étaient dégagées de toute mine iranienne grâce aux efforts» des équipes.
«L’itinéraire non autorisé est miné, les armateurs et équipages sont responsables de leur passage par ces voies et ne doivent pas prêter attention aux délires du CENTCOM sur les réseaux sociaux», ont réagi jeudi les Gardiens iraniens.
«Prouvez vos allégations concernant le déminage du détroit d’Ormuz à l’aide de preuves indépendantes, et non de simples déclarations!», a aussi lancé leur porte-parole, Hossein Mohebi, dans un message publié sur X.
