Conflit au Moyen-Orient

Reprise marquée des passages de navires dans le détroit d’Ormuz

Un total de 25 navires commerciaux ont passé le détroit d’Ormuz jeudi après l’accord irano-américain.

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Un porte-conteneurs (à droite) et un cargo sont visibles dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, ce mercredi 17 juin 2026. Un porte-conteneurs (à droite) et un cargo sont visibles dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, ce mercredi 17 juin 2026. (Amirhosein Khorgooi/AP Photo/Amirhosein Khorgooi)

Un total de 25 navires commerciaux ont passé le détroit d’Ormuz jeudi après un accord permettant sa réouverture la veille, un volume inédit depuis mi-avril, selon des données de la plateforme de suivi maritime AXSMarine publiées vendredi.

Ce pic a suivi la signature d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran mercredi, et la levée jeudi d’un blocus des ports iraniens imposé depuis le 13 avril par Washington en réponse au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran.

Toutefois, des discussions prévues vendredi en Suisse, censées donner le coup d’envoi à un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire iranien, ont depuis été reportées pour une durée indéterminée, jetant une incertitude sur la situation maritime dans la région.

Le 18 juin, «nous avons observé 25 traversées vérifiées de navires commerciaux par le détroit d’Ormuz, le plus grand nombre en une seule journée depuis le 18 avril et plus de cinq fois le niveau quotidien moyen enregistré durant les dix premiers jours de juin», a indiqué AXSMarine dans un communiqué.

«Le trafic est réparti de manière équilibrée dans les deux sens, la plupart des navires suivant les routes iraniennes établies», a écrit sur X la plateforme de suivi maritime Kpler, qui a comptabilisé cinq passages de navires sous sanctions.

Les 28 transits enregistrés par AXSMarine lors du précédent pic du 18 avril avaient coïncidé avec une brève réouverture au trafic commercial de l’artère stratégique par l’Iran, dans le cadre d’un accord cessez-le-feu. Téhéran avait annoncé le même jour reprendre «le strict contrôle» du détroit en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens.

Avant le conflit, près de 20% de la production pétrolière mondiale et d’autres matières premières cruciales circulent par cet étroit bras de mer séparant le Golfe de la mer d’Arabie, bordé par Oman et l’Iran.

11 000 marins toujours bloqués

Selon le journal maritime de référence Lloyd’s List, quelque 120 navires le franchissaient chaque jour avant le conflit, déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février. Les forces iraniennes avaient verrouillé le détroit après cette offensive, attaquant des dizaines de navires commerciaux dans leur riposte.

Depuis dimanche, jour de l’annonce d’un cadre d’accord entre Téhéran et Washington, environ 50 navires commerciaux sont entrés ou sortis du Golfe, contre près de 600 sur la même fenêtre de temps en juin 2025.

Le total pourrait être plus élevé, certains navires éteignant ou manipulant les signaux de leurs transpondeurs AIS afin d’éviter d’être détectés lors du passage du détroit.

La flambée est en effet survenue «au milieu du plus important incident de perturbation des signaux AIS» observée par AXSMarine dans le Golfe depuis le début du conflit: plus de 200 navires commerciaux ont été simultanément affectés par des «opérations de spoofing ou un comportement AIS anormal», a indiqué la société.

Plus de 500 navires commerciaux sont encore bloqués dans le Golfe, avec environ 11 000 marins à bord, selon l’Organisation Maritime Internationale. L’organisation indique que 20 000 marins de la région ont été affectés au total par le conflit.