🌍 Conflit au Moyen-Orient

Réouverture du détroit d’Ormuz: l’Iran exige que les États-Unis acceptent toutes ses conditions

«Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes nos conditions.»

Publié le 

President Donald Trump speaks in the Oval Office of the White House, Thursday, Aug. 6, 2026, in Washington. (AP Photo/Alex Brandon) Le président Donald Trump s'exprime dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le jeudi 6 août 2026, à Washington. Photo AP (Alex Brandon)

Le détroit d’Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n’acceptera pas «toutes» les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l’espoir d’un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une entrevue au média Axios que les États-Unis restaient «discrets» et se contentaient «d’observer l’Iran avec son inflation galopante», une économie en «très mauvais état» et le risque, selon lui, de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les États-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

«Ça va s’arranger. Ça finit toujours par s’arranger», a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit.

«C’est comme une partie d’échecs.»

—  Donald Trump

Au cœur des hostilités: le détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution a affirmé considérer comme «un théâtre de guerre et plus seulement [comme] une voie maritime».

«Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes nos conditions», ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l’offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d’hydrocarbures est désormais la priorité no 1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n’a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions énumérées samedi par Téhéran pourraient mener à un bras de fer: les États-Unis doivent «mettre fin définitivement à la guerre et à l’agression» contre l’Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, «indemniser intégralement l’Iran pour les dommages causés» par les hostilités, lever les sanctions contre l’économie et débloquer «sans condition» les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d’accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d’Ormuz accompagnée d’un recul des prix du pétrole, avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les États-Unis ont émergé au fil du conflit, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a pour sa part insisté dimanche sur le volet nucléaire, répétant qu’«avec ou sans accord», l’ennemi iranien «n’aurait pas d’armes nucléaires».

«Semi-négociations»

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington — dont le président américain s’est plusieurs fois prévalu —, le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d’«un échange de messages à travers des intermédiaires».

«Ça ne s’appelle pas une négociation. Ça s’appelle échanger des messages», a soutenu Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue «tant que les violations américaines» du protocole d’accord ne cesseraient pas.

L’Iran affirme ne dialoguer qu’avec Oman, l’autre pays riverain du détroit d’Ormuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur «phase finale», a répété M. Araghchi.

«Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux», a lancé Donald Trump auprès d’Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d’avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l’avis de Washington.

Pause dans les bombardements

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d’une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion rapide d’un accord.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone contre la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Riyad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu’un incendie, dont il n’a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des «troupes de l’ennemi saoudien et des dépôts d’armes dans la zone de Mokha», ville portuaire yéménite plus au sud, faisant, selon une source médicale, au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d’accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l’embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d’hydrocarbures depuis qu’Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L’Arabie saoudite, alliée des États-Unis et déjà ciblée par l’Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.