Conflit au Moyen-Orient

Prix à l’épicerie: la pression était déjà forte, avant même le conflit en Iran

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Avant même le conflit au Moyen-Orient, la pression inflationniste sur les aliments s’annonçait plus élevée que la moyenne, selon une note économique du Mouvement Desjardins. Un panier d’épicerie photographié à Montréal le 14 décembre 2024. LA PRESSE ... Avant même le conflit au Moyen-Orient, la pression inflationniste sur les aliments s’annonçait plus élevée que la moyenne, selon une note économique du Mouvement Desjardins. Un panier d’épicerie photographié à Montréal le 14 décembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

MONTRÉAL — Avant même le conflit au Moyen-Orient, la pression inflationniste sur les aliments s’annonçait plus élevée que la moyenne. La flambée des prix du pétrole pourrait alourdir encore plus les factures d’épicerie.

Le Mouvement Desjardins s’attend à ce que l'inflation alimentaire à l’épicerie soit de 2,1 % en 2026 et de 2,3 % en 2027, selon une note dévoilée jeudi. Cela se compare à une moyenne de 1,4 % durant les années 2010.

Ces prévisions ont été effectuées avant les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, nuance l’économiste principal chez Desjardins, Benoit Durocher, en entrevue.

«Cette étude-là a été faite avec les prévisions qui, comme point de départ, n’incluaient pas les événements en Iran et leur impact potentiel sur l'énergie et sur la chaîne d’approvisionnement», précise l’économiste.

Quel sera l’effet de la hausse des prix du carburant sur les prix à l’épicerie? «C’est difficile de répondre en ce moment parce que ça dépend de la durée de l’augmentation», indique M. Durocher.

«Si c'est quelque chose qui dure quelques semaines, l'impact ne serait pas trop prononcé, mais si c'est une crise qui se prolonge plusieurs mois, dans ce moment-là, l'impact va être évidemment plus senti sur l'ensemble des chaînes d'approvisionnement, incluant au niveau de l’alimentation», estime-t-il.

Même sans la volatilité récente du prix du baril de pétrole, les pressions inflationnistes étaient déjà présentes sur les prix à l’épicerie, selon la note.

La guerre commerciale, les conditions météorologiques défavorables et les difficultés de la chaîne d’approvisionnement font partie des difficultés rencontrées.

Le Canada est d’ailleurs plus vulnérable à l’inflation alimentaire. «En tant que petite économie ouverte, le Canada a très peu d’influence sur le prix des biens qu’il importe, peut-on lire dans la note. Il dépend fortement des importations d’aliments frais, surtout durant l’hiver.»

L’inflation alimentaire est ressentie beaucoup plus fortement par les ménages moins nantis qui y consacrent une part plus importante de leur budget.

«Leurs dépenses sont beaucoup plus élevées en proportion au niveau de l'alimentation et du logement, rappelle l’économiste. C'est exactement là où les prix augmentent le plus rapidement.»

Coûts de transport à la hausse

Les coûts du transport routier vont visiblement augmenter rapidement, tandis que les camionneurs vont devoir passer la note à leurs clients, prévient le président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, en entrevue. «On ne peut pas transporter à perte.»

Les commerçants risquent à leur tour d’augmenter leurs prix, à moins qu’ils ne choisissent de gruger dans leurs marges pour ne pas perdre de clients.

«Tout ce que vous achetez, que ce soit un canapé ou les pommes que vous avez achetées chez l'épicier, c'est certain que le transport est inclus dans le prix de vente», explique M. Cadieux.

Il souligne que les prix sont généralement ajustés chaque semaine dans l’industrie afin de tenir compte des variations du prix du carburant.

«Notre organisation fournit à ses membres transporteurs des référencements toutes les semaines pour ajuster les clauses de coûts de carburant, autant à la hausse qu'à la baisse», explique M. Cadieux.

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

Stéphane Rolland

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Journaliste