Après des semaines de menaces, les États-Unis et l’Iran laissent entrevoir ces derniers jours la possibilité d’un accord qui mettrait durablement fin au conflit au Moyen-Orient, mais des points d’achoppement persistent et leurs positions restent pour l’heure éloignées.
Donald Trump a tempéré les espoirs d’un accord imminent, disant ne pas vouloir «se précipiter», Téhéran se montrant également prudent.
Le point sur les différents volets des discussions:
Le nucléaire remis à plus tard?
L’Iran insiste sur le fait que la question nucléaire ne fait pas partie «à ce stade» du protocole d’accord en discussion et qu’elle serait abordée lors de négociations séparées.
Mais à plus long terme, «l’engagement de Téhéran à renoncer à son stock d’uranium hautement enrichi» figurera au cœur des discussions, selon le New York Times, citant deux responsables américains anonymes.
Les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim affirment que le volet nucléaire sera abordé dans les 60 jours suivant la signature du protocole d’accord.
Et, selon Fars, «l’Iran ne s’est pas engagé dans cet accord à céder des stocks nucléaires, retirer des équipements, fermer des installations ou même à ne pas construire une bombe nucléaire».
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a toutefois affirmé être convenu avec Donald Trump que tout accord final avec l’Iran devait «éliminer entièrement la menace nucléaire».
Ormuz sera-t-il débloqué?
La réouverture du détroit d’Ormuz, verrouillé de facto par l’Iran depuis le début du conflit lancé par les États-Unis et Israël le 28 février, est un enjeu majeur du conflit.
Le quasi blocage de ce passage, par où transitaient avant le conflit 20% des hydrocarbures consommés dans le monde, a fait flamber les prix du pétrole et ébranle l’économie mondiale.
Avant les hostilités, les navires le franchissaient librement.
Donald Trump a évoqué samedi un compromis «largement négocié» prévoyant la réouverture du détroit. Mais selon les médias iraniens, le passage resterait sous contrôle de l’Iran.
Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, l’Iran n’impose pas de péage aux navires transitant par le détroit, mais perçoit des frais pour des «services de navigation».
Concernant le blocus américain des ports iraniens, Tasnim croit savoir qu’il devrait «être entièrement levé dans un délai de 30 jours». Donald Trump a cependant déclaré que cette mesure resterait «pleinement en vigueur» tant qu’un accord n’aura pas été signé.
Qu’en est-il des sanctions et des avoirs?
Téhéran insiste régulièrement sur le dégel des avoirs iraniens à l’étranger, bloqués en raison des sanctions américaines.
L’Iran a exclu un accord si une partie de ces avoirs n’est pas débloquée dès la première étape et réclame un mécanisme clair pour garantir la libération des autres fonds gelés, selon une «source informée» citée par Tasnim.
Selon elle, des désaccords persistent sur ce dossier.
L’agence Fars rapporte elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l’Iran d’exporter ces productions, primordiales pour son économie.
Et le Liban?
Israël mène des frappes quotidiennes au Liban malgré un accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, affirmant viser le mouvement pro-iranien Hezbollah.
L’Iran a répété lundi que tout cessez-le-feu devait s’appliquer à tous les fronts du conflit régional, y compris au Liban, et le Hezbollah a dit être convaincu que son allié ne l’abandonnerait pas.
M. Netanyahou a néanmoins affirmé que Donald Trump avait réitéré «le droit» d’Israël «à se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris au Liban».
