Quatre personnes, dont trois femmes, ont péri lundi dans une frappe israélienne dans le sud du Liban, ont rapporté les autorités, malgré le cessez-le-feu en vigueur entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.
L’armée israélienne a affirmé dans un communiqué avoir identifié «quatre suspects dans un véhicule qui se rapprochait de la zone de sécurité» où elle opère dans le sud, et «mené une frappe précise pour éliminer la menace».
La directrice d’une école, sa mère, une employée de maison étrangère et un ouvrier syrien ont été tués par «un drone israélien ayant visé leur véhicule» au retour d’une visite au domicile familial à Nabatiyé al-Fawqa, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Un porte-parole de l’armée israélienne a indiqué à l’AFP que le véhicule «s’était approché des troupes israéliennes» dans la zone, et que les soldats «avaient estimé être en danger».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit le 2 mars en attaquant Israël, en représailles à la mort du guide suprême iranien, tué lors de frappes américano-israéliennes contre l’Iran fin février.
Israël a riposté par une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre, prenant le contrôle d’une partie du sud du Liban.
Un accord-cadre pour une «paix durable» a été signé le 26 juin à Washington entre Israël et le Liban. Il conditionne un retrait d’Israël au désarmement du Hezbollah, qui s’y refuse.
Un député du groupe pro-iranien, Ihab Hamadé, a condamné lundi «un crime atroce contre des civils (…) sous prétexte qu’ils constituent une menace» et l’a imputé «en premier lieu» à l’État libanais.
Le désarmement du Hezbollah que l’accord pose comme préalable au retrait israélien est une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en œuvre malgré la pression des États-Unis.
Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s’étendre jusqu’à dix kilomètres de sa frontière, et poursuit ponctuellement ses raids aériens, notamment dans la région de Nabatiyé, où l’ANI a rapporté lundi de nouvelles frappes.
Israël et le Hezbollah s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.
Le président libanais Joseph Aoun a estimé que le maintien des troupes israéliennes dans le sud du pays empêchait l’armée libanaise de s’y déployer.
M. Aoun a souligné «l’importance de faire pression sur Israël pour qu’il se retire des zones qu’il occupe dans le sud», puisque «le maintien de (cette) occupation sape la légitimité de l’État, empêche le déploiement de l’armée et (…) une paix juste et durable», selon un communiqué de la présidence.
Depuis le 22 juin, plus de 600 000 déplacés libanais sont rentrés chez eux, sur plus d’un million, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Mais les habitants de dizaines de localités, notamment celles proches de la frontière, largement détruites par les forces israéliennes, n’ont pas encore pu y retourner.
