Conflit au Moyen-Orient

Nouvelles frappes israéliennes rapportées dans le sud du Liban, après la mort de six personnes

Benjamin Netanyahou a ordonné samedi soir à l’armée de frapper «avec force» le Hezbollah pro-iranien au Liban.

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Lebanon Israel Iran War La femme et les enfants de Fadi Al Zein, qui a perdu ses deux maisons lors de frappes israéliennes dans son village de Khiam et à Dahiyeh, sont assis sur le balcon de leur immeuble fortement endommagé dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le samedi 25 avril 2026. (Hassan Ammar/AP)

De nouvelles frappes israéliennes ont visé samedi soir au moins quatre localités du sud du Liban, a écrit l’agence officielle Ani, après des attaques qui avaient auparavant fait six morts selon les autorités libanaises.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a ordonné samedi soir à l’armée de frapper «avec force» le Hezbollah pro-iranien au Liban, à la suite de ce que l’armée a qualifié de série de violations du cessez-le-feu.

Des «avions de combat ennemis» ont mené des frappes sur quatre villes (Hadatha, Zepqin, Kherbet Selem et Sultanieh) situées dans les districts de Bint Jbeil, Tyre et Nabatiyé, rapporte l’agence Ani.

L’armée israélienne a pour sa part précisé dans un communiqué avoir «frappé des infrastructures terroristes du Hezbollah utilisées à des fins militaires dans tout le sud du Liban».

Un correspondant de l’AFP a constaté que certaines personnes avaient fui la banlieue sud de Beyrouth après la déclaration de M. Netanyahou.

Le ministère libanais de la Santé avait annoncé plus tôt samedi que des frappes israéliennes menées samedi dans le sud avaient fait six morts, malgré un fragile cessez-le-feu prolongé cette semaine dans la guerre entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah.

«Deux frappes de l’ennemi israélien, visant un camion et une moto, dans la localité de Yohmor al-Shaqeef, dans le district de Nabatiyé ont fait quatre morts», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Il a ensuite ajouté qu’une frappe aérienne israélienne sur la localité de Safad al-Battikh, dans le district de Bint Jbeil, avait fait deux morts et 17 blessés.

De son côté, le Hezbollah a affirmé avoir visé un véhicule de l’armée israélienne dans le sud du Liban en représailles à l’attaque contre Yohmor al-Shaqeef.

«15 terroristes» tués selon l’armée israélienne

Dans plusieurs communiqués distincts, l’armée israélienne a déclaré avoir «éliminé plus de 15 terroristes dans le sud du Liban», dont trois qui circulaient dans un véhicule «chargé d’armes».

Elle a également accusé le mouvement libanais d’avoir «lancé des drones explosifs en direction de soldats de l’armée israélienne» dans la région de Qantara, lesquels ont «explosé» à proximité des militaires sans faire de blessés.

Les soldats ont aussi découvert «une cache de missiles antichars dans un dépôt d’armes du Hezbollah» ainsi qu’un tunnel souterrain contenant des fusils Kalachnikov, a-t-elle ajouté.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi la prolongation du cessez-le-feu au Liban, entré en vigueur le 17 avril.

Financé et soutenu par l’Iran, le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes sur Israël, affirmant vouloir venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors d’une offensive américano-israélienne contre la République islamique.

L’agence de presse libanaise ANI a par ailleurs rapporté samedi des tirs d’artillerie israéliens sur plusieurs localités du sud du Liban.

Elle a également fait état d’une «violente explosion» à Khiam, une ville stratégique située près de la frontière avec Israël, où, selon elle, l’armée israélienne a «systématiquement» détruit des habitations et d’autres bâtiments.

L’armée israélienne a de nouveau averti samedi les habitants de ne pas retourner dans des dizaines de localités du sud du Liban situées derrière la «ligne jaune» qu’elle a établie sur environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais le long de la frontière.

Selon les autorités libanaises, les attaques israéliennes ont fait plus de 2.496 morts au Liban depuis le 2 mars.

Vendredi, le député du Hezbollah Ali Fayad a déclaré que le mouvement se réservait le droit de répondre à toute «agression» israélienne pendant la trêve, estimant que la prolongation du cessez-le-feu n’avait «aucun sens» au vu de la poursuite des «actes hostiles» d’Israël.