Trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, dont Beyrouth va demander l’extension pour un mois lors des pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.
Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de «désaccords sérieux» avec le Liban, l’appelant à «travailler ensemble» contre le Hezbollah pro-iranien.
Les deux pays toujours en conflit doivent tenir une nouvelle session de discussions au niveau des ambassadeurs sous l’égide des États-Unis.
Une trêve de 10 jours, qui expire dimanche, a été annoncée après une première rencontre le 16 avril.
Israël poursuit cependant ses frappes au Liban, où deux personnes ont été tuées dans le sud et une troisième dans l’est, selon un média d’État.
À Washington, «le Liban demandera l’extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l’arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent», a indiqué une source officielle à l’AFP.
Le président Joseph Aoun a de son côté déclaré mercredi que «des contacts sont en cours pour prolonger le cessez-le-feu».
Il a ajouté que le but des futures négociations directes est notamment «l’arrêt total des agressions israéliennes et le retrait israélien du territoire libanais».
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a affirmé de son côté qu’Israël n’avait «pas de désaccords sérieux» avec le Liban.
«Un seul obstacle»
«Il y a un seul obstacle à la paix et à la normalisation entre les deux pays, c’est le Hezbollah», a-t-il ajouté.
«Demain, les discussions directes entre Israël et le Liban reprendront à Washington. Je lance un appel au gouvernement du Liban: travaillons ensemble contre l’État terroriste que le Hezbollah a construit sur votre territoire», a poursuivi le ministre.
Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans le conflit régional avec l’Iran le 2 mars en lançant une attaque sur Israël, est opposé à ces discussions.
Les frappes lancées par Israël sur le Liban depuis cette date ont fait 2454 morts et plus d’un million de déplacés, selon les autorités.

L’armée israélienne qui a pénétré en territoire libanais a en outre établi une «ligne jaune» de séparation dans le sud, comme dans la bande de Gaza, disant vouloir protéger la population du nord d’Israël.
Le Hezbollah a pour sa part revendiqué une attaque mardi sur le nord d’Israël en riposte à ses violations «flagrantes» du cessez-le-feu, pour la première fois depuis son entrée en vigueur le 17 avril.
Mercredi, l’armée israélienne a annoncé avoir tué la veille deux «terroristes» qui avaient «franchi la ligne de défense avancée et se sont approchés des soldats (..)».
Selon les termes de la trêve, Israël affirme se réserver le droit d’agir contre des «attaques planifiées, imminentes ou en cours» au Liban.
La trêve avait été réclamée par Téhéran comme l’une des conditions à la reprise de pourparlers avec Washington, en vue d’aboutir à une paix durable entre l’Iran et les États-Unis.
