🌍 Conflit au Moyen-Orient

En visite à Gaza, Netanyahou exclut tout recul malgré les pressions américaines

«Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas.»

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«Il reste encore du travail à accomplir», a rapporté le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou lors d'une visite auprès des troupes dans la bande de Gaza, le 2 septembre 2026. «Il reste encore du travail à accomplir», a rapporté le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou lors d'une visite auprès des troupes dans la bande de Gaza, le 2 septembre 2026. (Agence France-Presse)

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a rendu visite mercredi à des soldats israéliens déployés à Gaza et exclu tout retrait des secteurs sous leur contrôle, malgré les pressions pour parvenir à un accord de paix défendu par Washington.

Ce déplacement, le premier depuis le cessez-le-feu conclu à Gaza en octobre 2025, intervient à quelques semaines d’élections législatives en Israël. Confronté à un scrutin serré, M. Netanyahou multiplie les messages de fermeté pour rallier sa base.

Dans le même temps, le président américain Donald Trump tente d’arracher un accord de paix pour tourner la page de la guerre déclenchée par Israël à Gaza après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le Hamas palestinien.

Intransigeant, M. Netanyahou a rejeté le mois dernier une feuille de route américaine pourtant acceptée par le Hamas prévoyant un retrait israélien progressif, parallèlement au désarmement du mouvement islamiste.

Dans une vidéo de la visite à Gaza publiée par son bureau, M. Netanyahou apparaît, avec casque et gilet pare-balles, en train de regarder des immeubles en ruines depuis un poste d’observation, symbole de la violence de la guerre à Gaza.

«Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent», a déclaré M. Netanyahou lors de ce déplacement.

Selon son bureau, le premier ministre s’est rendu près de la «ligne jaune» qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu.

Lors de cette visite, M. Netanyahou a réitéré son objectif de «désarmer le Hamas et démilitariser Gaza».

«Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir, et nous l’achèverons», a dit le dirigeant, qui s’était rendu pour la dernière fois à Gaza en avril 2025.

Frappes quasi quotidiennes

Malgré le cessez-le-feu en vigueur, l’armée israélienne bombarde quasi quotidiennement la bande de Gaza, où plus de 70 000 personnes ont été tuées depuis 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Dans le détail, les opérations israéliennes y ont fait plus de 1300 morts depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en 2025, selon la même source. L’armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d’un employé civil sous contrat.

Alors que les opérations se poursuivent, Israël a annoncé mardi avoir arrêté et ramené sur son sol un haut responsable du Hamas chargé de la sécurité intérieure, lors d’un raid dans l’ouest de Gaza-ville, hors de la zone sous contrôle des forces israéliennes.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

Selon les secouristes palestiniens, quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées lors de cette opération.

Signe de la surenchère dans le discours sécuritaire au sujet de Gaza à l’approche des élections législatives israéliennes, le ministre de la Défense Israël Katz a par ailleurs relancé mercredi l’idée défendue par son gouvernement de transférer la population palestinienne hors de Gaza.

Le gouvernement israélien est «organisé, et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles», a-t-il déclaré, tout en assurant que ces déplacements seraient une «émigration» volontaire.

IL a affirmé que son pays n’attendait plus que l’aval des États-Unis. Début 2025, le président américain Donald Trump avait évoqué l’idée d’un transfert des habitants de Gaza vers d’autres pays, avant de rétropédaler face aux nombreuses réactions indignées.