Le Fonds monétaire international (FMI) s’attend à ce que les économies du Moyen-Orient, plombées par le conflit, rebondissent, mais pas à moyen terme, a prévenu jeudi l’un de ses responsables, en pleine poursuite des combats entre l’Arabie saoudite et les Houthis du Yémen.
Le FMI anticipe pour cette année une contraction généralisée des économies du Golfe alors que le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran s’est désormais étendue à l’Arabie saoudite et au Yémen, et continue de perturber les exportations d’hydrocarbures.
Même l’arrêt des hostilités n’entraînerait pas de retour rapide à la situation d’avant-conflit, estime l’instance.
«Nous ne retrouverons pas la trajectoire d’avant-conflit à moyen terme, car ce choc aura un impact durable sur divers secteurs et affectera également un certain nombre d’infrastructures, exigeant des dépenses supplémentaires afin de renforcer la résilience», a déclaré à la presse Jihad Azour, directeur du FMI pour la région.
Cet avertissement intervient sur fond d’assombrissement de la conjoncture mondiale et de flambée des prix de l’énergie.
En marge de son assemblée annuelle cette semaine à Bangkok, le FMI a actualisé ses projections: il prévoit désormais que la région Moyen-Orient et Asie centrale — directement exposée au conflit en Iran— devrait voir dans l’ensemble son économie se contracter de 0,3% en 2026.
L’Arabie saoudite, cœur économique de la région, compte parmi les pays durement touchés, avec un recul attendu de 3,3% de son économie. Cette prévision laisse entrevoir une récession rare pour le royaume, longtemps protégé par la solidité de ses exportations d’hydrocarbures.
Ailleurs dans la région, le recul du PIB attendu en 2026 est encore plus marqué: -16% pour l’Irak, presque autant pour le Qatar, -16,7% pour le Koweït ou encore -11,3% pour Bahreïn, alors que l’Iran devrait subir une contraction de 7,6%.
Les rebonds attendus pour 2027 dans ces projections sont entourés de très profondes incertitudes, suspendus à l’évolution de la situation géopolitique.
Or, la poursuite des attaques visant l’Arabie saoudite pourrait affecter les populations «partout dans le monde», via le maintien de prix énergétiques élevés, a prévenu mercredi la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.
De violents affrontements entre une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Houthis au Yémen se sont fortement intensifiés ces derniers jours, avec des frappes de missiles meurtrières visant des aéroports et installations énergétiques, ainsi que le siège du géant pétrolier public saoudien Aramco.
