Conflit au Moyen-Orient

Menaces des rebelles houthis: des navires font demi-tour près du détroit de Bab el-Mandeb

Cette pratique fait partie des mesures de précaution adoptées par les bateaux afin de réduire les risques d’être pris pour cible dans des zones dangereuses.

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Des partisans des Houthis ont organisé un rassemblement à Sanaa, au Yémen, vendredi 17 juillet 2026, pour manifester contre la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Photo AP Des partisans des Houthis ont organisé un rassemblement à Sanaa, au Yémen, vendredi 17 juillet 2026, pour manifester contre la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Photo AP (Osamah Abdulrahman)

Les Houthis pro-iraniens ont adressé des avertissements radio à des navires après l’annonce d’un blocus maritime de l’Arabie saoudite, des données analysées mercredi par l’AFP montrant qu’au moins neuf bateaux avaient fait demi-tour au large du Yémen.

La menace des rebelles yéménites fait craindre des perturbations importantes du trafic maritime via Bab el-Mandeb, goulet d’étranglement situé à l’extrémité sud de la mer Rouge utilisé pour relier l’Asie à l’Europe via le canal de Suez.

Les Houthis ont été «enregistrés en train de transmettre un message d’avertissement aux navires dans la région», a indiqué à l’AFP la Chambre internationale de la marine marchande (ICS).

Le message transmis à l’AFP par la compagnie maritime Neptune P2P indique: «Nous avertissons tous les navires appartenant à l’ennemi saoudien de ne pas emprunter la mer Rouge ni le golfe d’Aden. En cas de non-respect (…), ces navires seront pris pour cible».

Parmi les neuf bateaux qui ont fait demi-tour, trois avaient chargé des produits pétroliers au terminal saoudien de Yanbu, en mer Rouge, d’après le site de suivi maritime Kpler.

Ce port est devenu crucial pour les exportations d’hydrocarbures du royaume depuis le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran, en réponse aux frappes américaines.

Avant de changer de cap, deux navires affichaient via leur signal des destinations en Chine (Qinzhou et Tianjin) et un autre en Inde (New Mangalore). Tous trois ont inversé leur trajectoire mardi alors qu’ils faisaient route vers le sud en direction de Bab el-Mandeb. L’un d’eux a toutefois effectué un nouveau demi-tour quelques heures plus tard et poursuivait mercredi sa route vers le détroit.

Les six autres navires se trouvaient de l’autre côté du passage stratégique, dans le golfe d’Aden ou en mer d’Arabie, lorsqu’ils ont rebroussé chemin.

Il s’agit de deux porte-conteneurs, d’un transporteur de véhicules, d’un vraquier chargé et de deux pétroliers, dont l’un convoyait une cargaison en provenance des Émirats arabes unis. Trois de ces embarcations ont depuis repris leur route vers Bab el-Mandeb.

Mesures de précaution

Comme cela a déjà été observé aux abords du détroit d’Ormuz ces derniers mois, plusieurs navires ayant fait demi-tour ont ouvertement mis en avant leurs liens avec certains pays. Cette pratique fait partie des mesures de précaution adoptées par les bateaux afin de réduire les risques d’être pris pour cible dans des zones dangereuses.

Après son demi-tour dans le golfe d’Aden, au large du Yémen, le pétrolier Desh Viraat a modifié son message électronique dans le champ habituellement réservé à la destination du navire, passant de «Garde armée à bord» à «Gouvernement de l’Inde en attente», d’après le site MarineTraffic.

Deux navires ont eux affiché explicitement des références à la Chine, indiquant respectivement «propriétaire équipage chinois» et «propriétaire cargaison chinois».

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Malgré ces hésitations et changements de direction, le trafic continue dans le détroit de Bab el-Mandeb. Un total de 44 navires l’ont traversé le 20 juillet, jour de l’annonce du blocus, et 29 le lendemain, selon Kpler. Sur les cinq jours précédents, le nombre maximum de passages par jour a été de 53 et le minimum s’est établi à 30.

Entre 2021 et 2023, quelque 65 navires traversaient en moyenne le détroit quotidiennement, selon Kpler.

Le trafic a baissé après le début des attaques houthies contre des navires en mer Rouge ou dans le golfe d’Aden pendant le conflit à Gaza. Depuis lors, il s’est maintenu autour de 35 passages par jour en moyenne.