Conflit au Moyen-Orient

McGuinty revient sur ses propos concernant une frappe iranienne

Le ministre refuse toujours de dire si l’attaque a touché ou endommagé des biens canadiens sur la base.

Mis à jour le 

Publié le 

Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, au Parlement, à Ottawa, le 4 février 2026. Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, au Parlement, à Ottawa, le 4 février 2026. (Adrian Wyld)

Le ministre de la Défense, David McGuinty, est revenu sur ses déclarations concernant le moment et la manière dont il a été informé d’une frappe aérienne iranienne qui aurait touché des installations canadiennes au Koweït au début du mois.

Dans une remarque préparée jeudi — qu’il a décrit comme une «déclaration de clarification»—, M. McGuinty a affirmé avoir appris l’existence de cette frappe aérienne lors d’une réunion d’information avec des responsables gouvernementaux, et non en lisant un article de nouvelle.

Plus tôt dans la journée, le ministre avait laissé entendre aux journalistes lors d’une conférence de presse qu’il n’avait pas eu connaissance des dommages potentiels subis par le camp canadien situé sur une base aérienne koweïtienne le 1er mars avant que La Presse n’en fasse état le 12 mars.

Un journaliste du London Free Press a demandé à M. McGuinty, lors d’un événement à Kitchener, en Ontario, quand il avait «pris connaissance de cette attaque pour la première fois».

Le ministre a répondu qu’il avait été «informé pour la première fois de la situation au Moyen-Orient alors qu’il était à l’étranger avec le premier ministre dans le cadre d’une tournée mondiale dans la région Indo-Pacifique».

Le journaliste a posé une question complémentaire, demandant si le ministre «était au courant avant que La Presse n’en fasse état 11 jours plus tard», M. McGuinty l’a rapidement interrompu.

«Non, je n’en avais pas connaissance avant que La Presse n’en fasse état, a répondu M. McGuinty. J’ai lu l’article de La Presse alors que j’étais à l’étranger.»

Plus tard dans la journée de jeudi, l’équipe de presse de M. McGuinty a envoyé à la Presse canadienne une vidéo du ministre lisant une déclaration «clarifiant» ses propos antérieurs concernant la frappe aérienne.

«Je reçois régulièrement des rapports de renseignement et de sécurité. Je suis informé des incidents concernant les membres et les installations des Forces armées canadiennes partout dans le monde. C’était le cas immédiatement après la frappe, et cela continue d’être le cas», a affirmé M. McGuinty, lisant depuis un pupitre lors d’un autre événement.

«Ce matin, je faisais spécifiquement référence à ma connaissance d’un article de presse et non à la frappe elle-même, dont j’ai été informé par des responsables canadiens.»

La Presse a rapporté le 12 mars qu’une analyse d’images satellites semble indiquer que la petite section canadienne de la base aérienne Ali Al-Salem a subi des dommages lors d’une attaque le 1er mars.

M. McGuinty se rendait en Norvège avec le premier ministre Mark Carney le jour de la publication de l’article de La Presse.

M. Carney avait été interrogé par des journalistes au sujet de l’article de La Presse à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, dans l’après-midi du 12 mars — avant que les deux hommes ne s’envolent pour l’étranger.

«Eh bien, je ne suis pas le seul porte-parole du gouvernement, a déclaré M. Carney ce jour-là. Je me contenterai de confirmer que les membres des Forces armées canadiennes sont tous sains et saufs.»

Le ministre a refusé de confirmer si l’attaque avait touché ou endommagé des installations canadiennes sur la base. Il a déclaré qu’il ne ferait aucun commentaire sur l’attaque elle-même, invoquant la «sécurité opérationnelle».

«C’est un sujet dont nous ne parlons pas. Je ne comprends pas pourquoi c’est si difficile à accepter. Nous ne mettons pas en danger les hommes et les femmes des Forces armées canadiennes. Nous ne divulguons pas d’informations opérationnelles.»

Les conservateurs fédéraux accusent le gouvernement de manquer de transparence au sujet de la guerre et soulignent que les alliés du Canada partagent ouvertement ces informations lors de breffages quotidiens.

Le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan, soutient que le gouvernement pourrait tout de même informer les Canadiens de manière responsable, sans compromettre la sécurité des troupes dans la région.

Peu après la conférence de presse à Kitchener, M. Bezan a accusé M. McGuinty d’avoir induit les Canadiens en erreur quant au moment où il a eu connaissance de la frappe.

«C’est inacceptable, a déclaré M. Bezan aux médias. Je demanderai des comptes au ministre la semaine prochaine au Parlement.»

Certains chefs de partis fédéraux canadiens disposant d’une habilitation de sécurité «très secret» réclament un breffage à huis clos sur cette frappe.

M. McGuinty a laissé entendre jeudi que le gouvernement libéral examinerait la possibilité de leur fournir un breffage, mais il ne s’est pas engagé à le faire.

Le Canada compte quelque 200 militaires stationnés dans 6 sites différents au Moyen-Orient.

Kyle Duggan

Kyle Duggan

Journaliste