Conflit au Moyen-Orient

Macron en Syrie: une première pour un dirigeant occidental depuis la fin du régime

La visite du président français intervient dans une période de calme relatif au Moyen-Orient, après un mois de conflit en Iran et au Liban.

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Le président syrien Ahmad al-Sharaa, à droite, rencontre le président français Emmanuel Macron au palais présidentiel de Damas, en Syrie, mardi 7 juillet 2026. Photo AP Le président syrien Ahmad al-Sharaa, à droite, rencontre le président français Emmanuel Macron au palais présidentiel de Damas, en Syrie, mardi 7 juillet 2026. Photo AP (Ghaith Alsayed)

Le président français Emmanuel Macron est arrivé lundi en Syrie, devenant ainsi le premier dirigeant occidental de premier plan à se rendre dans ce pays déchiré par la guerre depuis la chute de Bachar al-Assad en 2024.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’y était rendu en avril, mais le président Macron est le premier dirigeant d’Europe occidentale ou d’Amérique du Nord à effectuer ce déplacement.

La visite du président français intervient dans une période de calme relatif au Moyen-Orient, après un mois de conflit en Iran et au Liban. Il se rendra ensuite à Ankara, en Turquie, pour le sommet de l’OTAN, où le président syrien Ahmad al-Sharaa devrait également être présent et rencontrer le président américain Donald Trump.

L’agence de presse officielle syrienne SANA a indiqué que Macron se rendrait sur place avec une délégation d’hommes d’affaires afin de discuter de la sécurité régionale ainsi que des opportunités commerciales et d’investissement.

Le président français a été accueilli à l’aéroport de Damas par le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shibani.

«Je viens dire l’engagement de la France auprès du peuple syrien. Pour une Syrie souveraine, unie dans sa pluralité et en paix avec ses voisins, a déclaré M. Macron dans un message publié sur X. Ensemble, ouvrons une nouvelle page de stabilité et de paix.»

La France soutient tous ceux qui peuvent «contribuer à construire une nouvelle Syrie», conformément aux aspirations exprimées depuis le Printemps arabe de 2011, a indiqué la présidence de Macron, faisant référence à une période de soulèvements généralisés à travers le Moyen-Orient qui appelaient à un changement politique et à des réformes.

M. Macron rencontrera M. al-Sharaa au palais présidentiel et «dialoguera directement avec divers représentants de la population syrienne», a précisé son cabinet.

Conflit avec l’Iran: «En ce qui nous concerne, nous respectons notre part de l’accord de cessez-le-feu» En entrevue au réseau américain Fox News le 29 juin 2026, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que des réunions de haut niveau auront lieu entre les États-Unis et l’Iran cette semaine avant d’ajouter que les États-Unis respectent leur «part de l’accord de cessez-le-feu» et souhaitent en «parvenir à un accord satisfaisant».

Les rencontres du président français sont prévues tout au long de la journée de mardi, à commencer par des représentants de la société civile syrienne, a précisé son cabinet, sans toutefois donner plus de détails. M. Macron rencontrera ensuite M. al-Sharaa, avant de tenir des discussions économiques et de signer des protocoles d’accord. Les deux dirigeants tiendront ensuite une conférence de presse conjointe.

Emanuelle Macron avait reçu Ahmad al-Sharaa à Paris en mai 2025, où il avait exhorté les dirigeants européens et américains à lever les sanctions de longue date contre Damas. La plupart de ces sanctions ont depuis été levées.

Paris a soutenu les nouveaux dirigeants syriens alors même que d’autres se montraient sceptiques face au régime islamiste d’al-Sharaa et à son ancien rôle à la tête du groupe militant Hayat Tahrir al-Sham, autrefois lié à Al-Qaïda.

Les gouvernements occidentaux étaient particulièrement préoccupés par le sort réservé aux femmes et aux minorités, ainsi que par leur intégration, et se demandaient si le nouveau gouvernement syrien s’orienterait vers un régime plus démocratique.

La Syrie a réussi à rester à l’écart des conflits récents qui ont secoué la région, mais le pays reste meurtri par treize années de guerre qui ont laissé une grande partie de son territoire en ruines, plongé des millions de personnes dans la pauvreté et dont la reconstruction coûtera des centaines de milliards de dollars. Bien que la Syrie ait signé des protocoles d’accord avec des États et de grandes entreprises pour d’importants projets d’investissement, ceux-ci ne se sont pas encore concrétisés.