L’Union européenne a coordonné les efforts visant à mobiliser 1 milliard $ US de promesses d’aide pour la reconstruction de Gaza, après deux ans de bombardements israéliens qui ont laissé une grande partie de l’enclave palestinienne en ruines, a déclaré lundi un haut responsable de l’UE.
On ignore encore quelle part de ces fonds sera effectivement versée, ni quand la reconstruction de Gaza pourra commencer. Le cessez-le-feu entre Israël et le groupe militant Hamas, entré en vigueur en octobre, est en effet au point mort.
La commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, a annoncé la création de ce fonds à l’issue d’une réunion à Bruxelles du Groupe des donateurs pour la Palestine, qui regroupe des pays de l’UE et du Moyen-Orient ainsi que des organisations internationales et des institutions financières.
«Le cessez-le-feu à Gaza reste fragile, et la situation sur le terrain pour les civils ne s’améliore pas», a indiqué Mme Šuica. Elle a précisé que les fonds seraient acheminés par l’intermédiaire de «partenaires de confiance», sans toutefois donner plus de détails.
Rares sont les endroits qui ont été épargnés sur ce territoire palestinien comptant plus de 2 millions d’habitants, et les Nations unies, la Banque mondiale et l’UE estiment que la reconstruction coûtera 70 milliards $ US.
L’ONU a indiqué que Gaza comptait plus de 60 millions de tonnes de décombres, soit suffisamment pour remplir près de 3000 porte-conteneurs. Il faudra plus de sept ans pour les déblayer, sans compter le temps nécessaire au déminage.
La réunion a également rassemblé Nickolay Mladenov, président du Conseil pour la paix mis en place par le président américain Donald Trump pour diriger la reconstruction de Gaza ; le gendre de Donald Trump, Jared Kushner ; Ali Shaath, président du nouveau comité palestinien chargé d’administrer les affaires courantes de Gaza mais qui n’a toujours pas pu y entrer ; et le premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Mustafa.
M. Mladenov a clairement indiqué que les prochaines étapes de la mise en œuvre du cessez-le-feu sont bloquées en raison de la question épineuse du désarmement des militants du Hamas à Gaza.
«Nous investissons non seulement dans l’avenir palestinien, mais aussi dans la stabilité régionale, la sécurité commune et une paix juste et durable pour tous», a expliqué M. Mustafa, appelant à «un État palestinien résilient, souverain, contigu et viable» — une perspective à laquelle s’oppose le gouvernement israélien actuel.
L’Autorité palestinienne souhaite jouer un rôle dans la reconstruction de Gaza, mais le plan américain en 20 points ne fait que mentionner la possibilité d’un futur État palestinien.
Les ministres de l’UE discutent de la Cisjordanie
Par ailleurs, les hauts diplomates des 27 pays membres de l’UE ont débattu de la manière de réagir à la recrudescence des violences commises par les colons israéliens en Cisjordanie occupée.
L’organe exécutif de l’Union, la Commission européenne, a présenté plusieurs options, notamment la suspension des échanges commerciaux avec les colonies israéliennes situées sur ce territoire.
Des pays comme l’Irlande et l’Espagne réclament des mesures énergiques. La République tchèque, l’Allemagne et d’autres pays, aux côtés de la Commission, se montrent plus prudents et cherchent à exercer une pression progressive. Certains pays ont laissé entendre qu’ils opposeraient leur veto à d’éventuelles sanctions.
«Les sanctions ont-elles un impact significatif ou non ? Quel rôle pourraient-elles jouer en tant que message politique, et cela ne risquerait-il pas d’aggraver la situation dans la mauvaise direction ?», a expliqué la ministre bulgare des Affaires étrangères, Velislava Petrova-Chamova.
La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué que le service juridique du Conseil européen avait conclu que la rupture des relations commerciales avec les colonies israéliennes en Cisjordanie — ce qui ne constitue pas techniquement une sanction — nécessiterait un vote à la majorité et non l’unanimité totale des États membres.
Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a assuré qu’une nette majorité au sein de l’UE était favorable à la rupture des relations commerciales avec les colonies. Il a rejeté les arguments selon lesquels une action ferme renforcerait les chances du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lors des élections d’octobre : «J’espère que l’heure est désormais venue de prendre des décisions.»
