Conflit au Moyen-Orient

L’ombre du conflit au Moyen-Orient plane sur le grand pèlerinage annuel musulman

Comme chaque année, des fidèles de tous les pays, dont l’Iran et les monarchies du Golfe, se réuniront la semaine prochaine pour le hajj.

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Des pèlerins musulmans tournent autour de la Kaaba, l'édifice cubique de la Grande Mosquée, lors du pèlerinage annuel du Hajj à La Mecque, en Arabie saoudite, le mardi 11 juin 2024. Des pèlerins musulmans tournent autour de la Kaaba, l'édifice cubique de la Grande Mosquée, lors du pèlerinage annuel du Hajj à La Mecque, en Arabie saoudite, le mardi 11 juin 2024. (Rafiq Maqbool | AP Photo)

Plus d’un million de pèlerins musulmans ont déjà commencé à converger vers La Mecque pour le grand pèlerinage, assombri cette année par le conflit au Moyen-Orient et les tensions dans la région sur fond de fragile cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis.

Des fidèles de tous les pays, dont l’Iran et les monarchies du Golfe, se réuniront à partir de lundi pour le hajj.

En toile de fond, la crainte d’un embrasement régional, avec la potentielle reprise du conflit, qui a vu la République islamique cibler ses voisins du Golfe, alliés de Washington, en représailles à l’attaque israélo-américaine contre Téhéran le 28 février.

Ryad tient à maintenir la politique à l’écart du pèlerinage, d’autant que la trêve conclue début avril est très précaire — comme l’a rappelé une récente frappe contre un site nucléaire des Émirats arabes unis.

«Brandir des drapeaux politiques ou confessionnels ainsi que toute forme de slogans scandés est interdit pendant le hajj», a rappelé cette semaine un média d’État saoudien.

Pour Fatima, Allemande de 36 ans en voyage avec sa famille, «il n’y a pas eu la moindre hésitation».

«Nous savons que nous sommes dans l’endroit le plus sûr du monde», assure-t-elle à l’AFP.

Le hajj, série de rites codifiés se déroulant sur plusieurs jours à La Mecque et dans ses environs, est l’un des cinq piliers de l’islam. Il doit être entrepris par tout musulman au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens.

Selon les autorités, plus de 1,2 million de pèlerins ont déjà rejoint le pays. L’an dernier, 1,6 million de personnes y avaient pris part.

Moitié moins de pèlerins iraniens

Le hajj a longtemps constitué un point de tension entre l’Iran, à majorité chiite, et l’Arabie saoudite, à majorité sunnite.

Dans les années qui ont suivi la révolution islamique en Iran, les autorités saoudiennes ont accusé des pèlerins iraniens d’avoir provoqué des bousculades meurtrières et autres violences, tout en scandant régulièrement des slogans politiques, un acte considéré comme tabou par l’establishment religieux à La Mecque.

Le dernier grand différend remonte à 2015, lorsque ces deux pays se sont une nouvelle fois renvoyé la responsabilité après que 464 Iraniens ont compté parmi les 2 300 fidèles tués dans une bousculade, une des tragédies les plus meurtrières de l’histoire du hajj.

Iran: Trump affirme que les États-Unis saisiront et détruiront l'uranium enrichi iranien Les États-Unis devront s'assurer que l'Iran ne possède pas d'arme nucléaire sans qu'il ils devront prendre des mesures radicales, a affirmé le président Donald Trump aux journalistes jeudi, ajoutant que son pays saisirait et détruirait l'uranium enrichi iranien.

Aucun pèlerin iranien n’avait été autorisé à participer l’année suivante. Et les deux poids lourds du Moyen-Orient avaient rompu leurs relations diplomatiques avant de les rétablir en mars 2023.

Malgré le conflit, «l’Arabie saoudite et l’Iran ont maintenu leurs canaux d’engagement politique ouverts», explique Umer Karim, spécialiste de la politique étrangère saoudienne.

Quelque 30 000 pèlerins iraniens sont déjà sur place, selon la compagnie Iran Air, citée par l’agence de presse officielle Irna. Soit beaucoup moins que les 86 000 initialement annoncés, en raison du conflit.

Les relations entre Téhéran et Ryad ont été mises à rude épreuve par les frappes iraniennes sur les installations énergétiques et les infrastructures civiles saoudiennes, couplées au blocage par l’Iran de la majeure partie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, vital pour les exportations énergétiques des pays du Golfe.

«Rêve d’une vie»

Le pèlerinage va se dérouler par une forte chaleur, avec des températures qui devraient dépasser les 40°C.

Les autorités tentent d’atténuer l’impact en climatisant les bâtiments ou en agrandissant les zones ombragées.

En 2024, plus de 1300 pèlerins avaient péri alors que le thermomètre avait frôlé les 52°C, d’après les autorités.

Cette année, plus de 50 000 soignants, ainsi que 3000 ambulances, sont mobilisés.

Malgré la chaleur et le conflit, les fidèles se disent submergés par l’émotion à l’idée de se trouver près de la Kaaba, ce cube noir géant vers lequel les musulmans du monde entier se tournent pour prier.

«Le hajj, c’est le rêve de toute une vie», explique Ahmed Abo Seta, 47 ans.