🌍 Conflit au Moyen-Orient

L'Iran montre les muscles avec son missile balistique perfectionné

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Un bateau à moteur passe devant des navires commerciaux ancrés dans la brume du détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le lundi 7 septembre 2026. (Photo AP/Vahid Salemi) Un bateau à moteur passe devant des navires commerciaux ancrés dans la brume du détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, en Iran, le lundi 7 septembre 2026. Photo AP (Vahid Salemi)

Les médias d’État iraniens ont déclaré lundi qu’un missile balistique aux capacités améliorées illustrait une nouvelle doctrine: Téhéran «prendra des mesures contre toute menace, avant même qu’elle ne se concrétise».

Le reportage de l’agence de presse officielle iranienne a cité à plusieurs reprises les propos tenus la veille à la télévision publique par le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, qui s’est vanté des nouvelles capacités balistiques du pays et a affirmé que celles-ci avaient été testées contre un navire de guerre américain.

Il n’était toutefois pas clair si le missile testé était bien celui décrit dans ce nouveau reportage, à savoir le Qassem Basir à propergol solide.

Les États-Unis ont déclaré samedi que des missiles balistiques avaient été lancés contre des navires de guerre américains et qu’ils avaient riposté en frappant trois pétroliers iraniens. Les experts ont qualifié ce tir d’escalade dangereuse, soulignant que jusqu’alors, les attaques iraniennes en mer avaient visé la marine marchande au cours de ces six mois de conflit. Les États-Unis ont indiqué que les navires de guerre avaient échappé aux attaques.

Le discours de l’Iran s’est durci ces derniers jours, et le rapport publié lundi indique que le «Qassem Basir» marque «un tournant dans la stratégie de défense de l’Iran». Il décrit ce missile comme doté d’une portée et d’une précision accrues, ainsi que d’une ogive d’une demi-tonne. Ce missile avait été dévoilé l’année dernière, lorsqu’il avait été présenté comme ayant une portée d’au moins 1200 kilomètres.

Les inquiétudes concernant le programme de missiles balistiques iraniens figuraient parmi les raisons invoquées par les États-Unis et Israël pour attaquer l’Iran en début d’année, déclenchant ainsi la guerre.

Les États-Unis rejettent les propos concernant une «zone d’exclusion» imposée par l’Iran

La Maison-Blanche a réagi aux projets annoncés par M. Rezaei visant à créer une «zone d’exclusion» près du détroit d’Ormuz, destinée à empêcher le passage des navires, en affirmant que cette voie navigable était ouverte et contrôlée par les États-Unis.

Elle a également indiqué que la marine américaine avait déminé le détroit et que le trafic de pétroliers à destination de ports non iraniens allait s’intensifier. Le blocus américain sur les ports iraniens se poursuit dans le but d’aggraver les difficultés économiques de Téhéran en limitant ses exportations de pétrole. L’armée américaine a indiqué que, lundi, 94 navires commerciaux avaient été redirigés et que 3 avaient été immobilisés.

Téhéran souhaite que les navires empruntent un itinéraire de son choix à travers le détroit, qui était considéré comme une voie navigable internationale avant la guerre. M. Rezaei a reconnu que les États-Unis aidaient un nombre limité de navires à transiter par une route au large d’Oman, et a déclaré que Téhéran ne les coulait pas parce qu’ils transportaient du pétrole, invoquant des préoccupations environnementales.

Alors que les deux pays continuent de faire valoir leurs revendications concernant le détroit et le trafic maritime, la société internationale d’informations commerciales Kpler a noté le X que les transits par cette voie navigable avaient fortement chuté la semaine dernière.

Il y a une semaine, une attaque contre un pétrolier saoudien a coûté la vie à deux membres d’équipage et sept autres sont portés disparus. Si leur décès est confirmé, cette attaque serait la plus meurtrière jamais perpétrée contre un navire commercial depuis le début de la guerre, le 28 février, avec les frappes américaines et israéliennes.

Les pays de la région expriment leur frustration

La frustration s’est à nouveau manifestée dans le Golfe face à l’incertitude qui règne autour de cette voie navigable, cruciale pour le transport maritime des approvisionnements mondiaux en pétrole, en gaz naturel et en produits dérivés, tels que les engrais.

«Aucun État ne devrait à lui seul» contrôler le détroit, a déclaré Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, lors d’un forum réunissant des dirigeants mondiaux à Abou Dhabi, ajoutant : «Nos exportations d’énergie ne seront pas prises en otage, pas plus que nos échanges commerciaux et notre activité économique.»

Les Émirats arabes unis, proches alliés des États-Unis, ont été à plusieurs reprises la cible de tirs de missiles et de drones iraniens au cours de cette guerre. Le mois dernier, les Émirats arabes unis ont suspendu tout commerce avec l’Iran après avoir déclaré avoir fait l’objet de nouveaux tirs.

Le rétablissement de la confiance entre l’Iran et les pays du Golfe pourrait prendre des décennies, a averti M. Gargash.

De son côté, Nabil Fahmy, secrétaire général de la Ligue arabe, a déclaré lors d’une réunion ministérielle au Caire : «Nous n’accepterons pas que nos couloirs maritimes deviennent un moyen de pression dans les calculs d’autrui», et a condamné les attaques de l’Iran contre les pays du Golfe.