🌍 Conflit au Moyen-Orient

L’Iran et les États-Unis se disent déterminés à poursuivre leurs attaques

Téhéran continuera «à payer un prix très lourd», a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.

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Un homme roule à moto tandis que des garçons font du vélo dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, ce mercredi 22 juillet 2026. Un homme roule à moto tandis que des garçons font du vélo dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, ce mercredi 22 juillet 2026. (Vahid Salemi/AP Photo/Vahid Salemi)

L’Iran et les États-Unis se sont dits déterminés jeudi à poursuivre leurs attaques au Moyen-Orient, au moment où les rebelles houthis, alliés yéménites de Téhéran, ont ouvert un deuxième front dans la guerre en revendiquant des attaques en mer Rouge.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d’hydrocarbures puisque le stratégique détroit d’Ormuz est verrouillé par l’Iran et que les Houthis ont annoncé un blocus des navires d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: le baril de Brent a dépassé les 100 dollars jeudi, loin de l’accalmie qui avait suivi la signature d’un protocole d’accord irano-américain mi-juin.

La situation au Moyen-Orient est «hors de contrôle» et «au bord de l’inimaginable», s’est alarmé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d’une réunion du Conseil de sécurité.

Après une douzième nuit consécutive d’hostilités, l’armée iranienne a juré qu’elle poursuivrait ses «représailles», «tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront».

Le Koweït a ainsi dit jeudi soir faire face à des attaques de missiles et de drones iraniens, après que les sirènes d’alerte ont retenti dans le pays.

Selon Téhéran, ces frappes ont ciblé des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, tandis que d’autres en Jordanie ont visé un radar américain et un système Patriot antimissiles.

L’armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces dernières 24 heures, dont neuf interceptés.

«Pas prêts»

Donald Trump a menacé de son côté l’Iran et les Houthis d’une «punition militaire majeure».

Le président américain a affirmé jeudi que les dirigeants iraniens n’étaient selon lui «pas prêts», sans fournir plus de détails.

L’armée américaine a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes pour «réduire davantage la capacité de l’Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux» transitant par le détroit d’Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement du pays, et à Chalamcheh, à proximité d’un poste-frontière avec l’Irak, où deux personnes ont été tuées.

D’autres bombardements ont été signalés sur des villes côtières et une agence iranienne a fait état en soirée d’une frappe de missile américain contre l’île de Qeshm, près d’Ormuz.

Fustigeant ces attaques, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une attitude «irrationnelle» des États-Unis.

La dispute irano-américaine sur le contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transitait d’ordinaire un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n’autorise qu’un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s’en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

Navigation en mer Rouge menacée

En réaction, les États-Unis imposent un blocus maritime à l’Iran. Le commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé jeudi qu’au cours des neuf derniers jours ses forces «ont dérouté 12 navires commerciaux et en ont immobilisé un», pour les empêcher «d’entrer dans ou de quitter les ports iraniens».

De l’autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les Houthis, soutenus par l’Iran, ont revendiqué jeudi des attaques contre deux pétroliers saoudiens. Les rebelles font peser une menace sur la navigation par le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au Golfe d’Aden et dont l’importance s’est accrue depuis le blocage d’Ormuz.

Après avoir annoncé lundi un blocus maritime de l’Arabie saoudite, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé qu’un navire appartenant à une société saoudienne avait été «pris pour cible», provoquant un incendie, selon l’agence officielle SPA.

Jeudi après-midi (heure de Washington), 18 navires de matières premières avaient transité par le détroit de Bab el-Mandeb, contre un total de 26 sur la journée la veille, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.