Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a fait état mardi de «progrès significatifs» dans les négociations avec Oman sur la gestion du stratégique détroit d’Ormuz, au cœur du conflit entre l’Iran et les États-Unis.
Les deux pays, riverains du détroit, discutent depuis plusieurs semaines de l’avenir de la navigation sur cette voie maritime, et Téhéran a annoncé à plusieurs reprises l’imminence d’un accord sans parvenir pour l’heure à le finaliser.
Selon un communiqué de la diplomatie iranienne, M. Araghchi a «présenté le dernier état des négociations entre l’Iran et Oman sur le détroit d’Ormuz, faisant état de progrès significatifs», lors d’un entretien téléphonique avec son homologue japonais.
Les négociations visent à établir un couloir «permanent» et définir «la future gestion du détroit», ainsi qu’un mécanisme de «fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires».
Téhéran affirme que les coordonnées géographiques d’un itinéraire envisagé par les deux pays «ont été convenues».
Le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran.
Les États-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.
Le président Donald Trump a assuré ces derniers jours que les forces américaines avaient contribué à faciliter le passage de navires dans le détroit, «à raison de 30 navires en moyenne chaque nuit».
Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Mohsen Rezaï a pour sa part affirmé dimanche que les États-Unis tentaient chaque nuit de faire passer «cinq à six navires (…) qui sont ensuite touchés».
Le trafic de navires de matières premières (hydrocarbures mais aussi engrais et minéraux) a dégringolé à une dizaine de transits par jour en moyenne à la suite du verrouillage du détroit par Téhéran le 1er mars, contre 95 transits quotidiens en moyenne en février, selon une analyse AFP des données de la plateforme de suivi de flux maritimes Kpler.
Mais Kpler n’est pas en mesure de détecter l’ensemble des transits, de nombreux étant devenus «fantômes» ou inconnus, contre moins de 1% avant le conflit, pour éviter les attaques.
L’Iran exige que les navires obtiennent une autorisation pour franchir le détroit, assurant qu’il n’y aura pas de retour au régime de libre navigation qui prévalait avant le conflit.
Téhéran cherche également à imposer des frais de service aux navires empruntant le détroit, une mesure fermement rejetée par Washington et plusieurs pays de la région.
