L’Iran a dévoilé mardi à Téhéran un immense panneau d’affichage menaçant Donald Trump de mort, franchissant une nouvelle étape dans sa rhétorique anti-américaine, au moment où les deux pays disent intensifier les discussions pour éviter une reprise majeure des hostilités.
«Nous tuerons Trump» proclame ce panneau, dominant la place Enghelab («Révolution»), très fréquentée. Il montre le président américain — confronté mardi à de difficiles élections - derrière des barreaux, la tête baissée.
Un autre panneau à proximité le dépeint aux côtés de son vice-président JD Vance, de l’envoyé spécial Steve Witkoff et du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, visages ensanglantés et costumes déchirés, devant des drapeaux israélien et américain en lambeaux.
Des dizaines de personnes se sont rassemblées sur la place dans la matinée, agitant des drapeaux rouges et portant des banderoles où l’on pouvait lire : «Il y aura du sang». Ils ont appelé à venger le guide suprême, Ali Khamenei, tué par les frappes américano-israéliennes du 28 février sur Téhéran, qui ont déclenché le conflit au Moyen-Orient.
Depuis le début du conflit, des affiches et panneaux tournant Donald Trump en dérision et jurant la vengeance sont fréquemment installés à travers Téhéran.

Sur la place animée de Tajrish, au nord de la capitale, une exposition en plein air a présenté des peintures de ce type, dont l’une montrant le président américain gisant au sol, le visage ensanglanté écrasé par un pied. Une autre représentait une bombe masquant son visage, en référence apparente au tableau de 1964 du surréaliste belge René Magritte, Le Fils de l’Homme.
À proximité, une réplique grandeur nature d’une cellule de prison dans laquelle un acteur incarnant le président américain passe la journée est restée exposée.
Téhéran accuse Donald Trump d’avoir délibérément pris pour cible des sites civils pendant le conflit, notamment une école et une cérémonie de mariage, tuant des dizaines de personnes, enfants, femmes et hommes.
Les panneaux d’affichage et les fresques murales financés par l’État font partie intégrante de l’espace public iranien depuis la révolution islamique de 1979.
Ils servent à rendre hommage aux alliés, à célébrer des personnalités militaires et à adresser des messages politiques aux adversaires, en particulier aux ennemis jurés américain et israélien.
