L’Iran a dit vendredi avoir tiré des «missiles d’avertissement» contre deux navires américains en mer d’Oman, après déjà des escarmouches dans le Golfe cette semaine fragilisant le cessez-le-feu, mais Washington a démenti.
Dans un communiqué relayé par l’agence de presse gouvernementale Irna, l’armée iranienne affirme que «les destroyers hostiles DDG-103 et DDG-8 ont quitté la mer d’Oman pour se diriger vers l’océan indien (…) à la suite de tirs de missiles d’avertissement», à une date qui n’est pas précisée.
La décision a été prise «dans le cadre de la poursuite des opérations visant à lutter contre les agissements illicites (…) des forces navales terroristes des États-Unis», ajoute l’armée iranienne.
L’armée américaine a rejeté ces affirmations. «Les forces iraniennes n’ont PAS attaqué ni ouvert le feu sur des navires de guerre de l’US Navy. Le faire constituerait une violation flagrante du cessez-le-feu», a répliqué le Centcom, commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, dans un message publié sur X.
L’Iran verrouille le stratégique détroit d’Ormuz, en représailles à l’offensive israélo-américaine lancée contre son territoire le 28 février, point de départ à une extension régionale du conflit.
Les États-Unis imposent en retour depuis avril un blocus des navires iraniens à la suite du verrouillage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.
Si une trêve a été conclue, l’Iran et les États-Unis peinent à s’entendre sur les termes d’un accord pour mettre durablement fin au conflit, après des décennies d’hostilité entre les deux pays.
Des pourparlers entamés en avril sous médiation du Pakistan piétinent et des accrochages fréquents dans le Golfe menacent la trêve.
Plus tôt cette semaine, l’Iran a accusé les États-Unis d’avoir visé un pétrolier qui se dirigeait vers son territoire et frappé l’île iranienne de Qeshm.
En riposte, Téhéran a revendiqué une attaque contre le Koweït, ainsi que contre le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn.
Une frappe de drones contre l’aéroport international de Koweït a par ailleurs fait un mort et 63 blessés. Mais les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont démenti toute implication.
