Les bombardements israélo-américains sur l’Iran ont entraîné des frappes en représailles contre Israël et les pays du Golfe et précipité dans le conflit le Hezbollah pro-iranien au Liban mais le conflit au Moyen-Orient a aussi des répercussions jusqu’en Ukraine, quatre ans après le début de l’invasion russe.
Voici ce que l’on sait :
Pourparlers de paix
Le président américain Donald Trump fait pression sur Kiev et Moscou pour parvenir à un accord afin de mettre fin au pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Mais le conflit avec l’Iran a fait dérailler les pourparlers, alors qu’un troisième cycle de discussions entre Ukrainiens, Américains et Russes avait été évoqué pour jeudi et vendredi à Abou Dhabi, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Les Émirats arabes unis font partie des pays du Golfe pris pour cible par les Iraniens.
Aucune date précise n’a été fixée pour de prochaines négociations, a déclaré à l’AFP mercredi une source proche de la délégation ukrainienne.
M. Zelensky a plaidé pour qu’en cas d’impossibilité d’accueillir à Abou Dhabi les pourparlers, la Turquie et la Suisse, deux pays hôtes de précédentes discussions, puissent être des options envisageables.
Le conflit en cours avec l’Iran soulève également la question des efforts diplomatiques que les alliés de Kiev peuvent déployer dans les négociations destinées à mettre fin à l’invasion russe.
Plusieurs diplomates américains engagés dans les pourparlers sur l’Ukraine ont mené parallèlement ceux avec Téhéran, qui se sont effondrés le mois dernier.
«La guerre en Iran ne va pas mener à la fin des négociations pour mettre un terme à la guerre en Ukraine bien que, pour les Américains, l’Iran soit bien sûr la priorité» à court terme, estime le politologue ukrainien Volodymyr Fessenko.
«L’ampleur et les conséquences de la guerre en Ukraine sont trop grandes pour qu’elle soit oubliée», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Drones iraniens et défense antiaérienne
M. Zelensky a reconnu qu’un conflit prolongé avec l’Iran pourrait avoir un impact sur les livraisons américaines de munitions pour les systèmes de défense antiaérienne fournis à l’Ukraine par ses alliés occidentaux afin de défendre ses infrastructures essentielles, notamment énergétiques.
La Russie, alliée de Téhéran, recourt depuis longtemps aux drones Shahed de conception iranienne pour attaquer le territoire ukrainien, les mêmes projectiles utilisés pour viser les pays du Golfe.
En quatre ans de guerre, Kiev a mis au point une gamme d’intercepteurs efficaces, bon marché et considérés comme étant parmi les plus avancés du monde, conçus pour détruire les drones d’attaque en vol.
Le président ukrainien a proposé mardi aux pays alliés des États-Unis au Moyen-Orient d’échanger leurs missiles de systèmes de défense antiaérienne américains Patriot contre ces intercepteurs, qui sont selon lui plus efficaces face aux frappes iraniennes.
«Parlons des armes qui nous manquent : des missiles PAC-3. S’ils nous en donnent, nous leur donnerons des intercepteurs. C’est un échange équitable», a-t-il assuré.
Les analystes jugent peu probable que le conflit au Moyen-Orient ait un impact sur les combats sur le front en Ukraine.
Prix du pétrole et trésor de guerre russe
L’Ukraine multiplie ses tirs de longue portée sur les infrastructures pétrolières et gazières de la Russie, dans l’espoir d’assécher ses ressources financières consacrées à l’effort de guerre.
Les sanctions occidentales affectent également les capacités d’exportation de la Russie, qui a vu ses revenus issus de la vente de pétrole tomber à leur niveau le plus bas depuis l’invasion, tandis que son économie montre des signes croissants d’essoufflement.
Cependant, les frappes de drones sur des installations énergétiques dans le Golfe ont affolé les marchés et fait bondir le prix de cet hydrocarbure, ce qui pourrait permettre à Moscou de renflouer son trésor de guerre.
Plus la crise dans le Golfe «s’éternise», «plus elle sera bénéfique à la Russie et plus son budget sera alimenté pour financer son agression contre l’Ukraine», estime Viatcheslav Likhatchev, membre du Conseil d’experts du Centre pour les libertés civiles, une ONG ukrainienne.
