Conflit au Moyen-Orient

«La trahison» du Hezbollah est d’avoir entraîné le Liban dans le conflit

Le président libanais réagissait à des propos du chef du Hezbollah Naïm Kassem, qui refuse les négociations directes avec Israël.

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Des hommes circulent en scooter en brandissant un drapeau du Hezbollah lors d'un petit rassemblement à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le samedi 25 avril 2026. Des hommes circulent en scooter en brandissant un drapeau du Hezbollah lors d'un petit rassemblement à Dahiyeh, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le samedi 25 avril 2026. (Hassan Ammar/AP)

Le président libanais a souligné lundi que le but des négociations directes avec Israël était de mettre fin au conflit, ajoutant à l’intention du Hezbollah que la véritable «trahison» était d’avoir entraîné le Liban dans le conflit.

Israël et le Liban ont déjà participé à Washington ces dernières semaines à deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs.

Ces pourparlers auxquels s’oppose le Hezbollah ont abouti d’abord à l’annonce par le président américain Donald Trump d’une trêve de dix jours, entrée en vigueur le 17 avril, ensuite prolongée de trois semaines à l’issue de la deuxième session de discussions.

«Mon objectif est de parvenir à la fin du conflit avec Israël, à l’instar de l’accord d’armistice» entre le Liban et Israël en 1949, a déclaré dans un communiqué le président Joseph Aoun, en ajoutant: «je vous assure que je n’accepterai pas un accord humiliant».

Répondant implicitement au mouvement pro-iranien Hezbollah qui refuse les négociations directes avec Israël, le dirigeant libanais a estimé que «ceux qui nous ont entraîné dans la guerre au Liban nous demandent maintenant des comptes pour avoir décidé de négocier… Ce que nous faisons n’est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d’intérêts étrangers».

Le mouvement islamiste iranien avait aspiré le Liban dans le conflit du Moyen-Orient le 2 mars en menant une attaque contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien dans des frappes israélo-américaines.

Le président libanais réagissait à des propos du chef du Hezbollah Naïm Kassem, qui a jugé lundi que les autorités libanaises se sont «hâtées de (…) faire des concessions gratuites et humiliantes» en faisant le choix de négociations directes avec Israël.

Frappes israéliennes

Le Hezbollah, qui accuse le pouvoir de mener le pays vers la «capitulation», «refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël», a stipulé le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à «un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d’instabilité», en ajoutant que son mouvement ne renoncerait pas à ses armes.

Les autorités libanaises soulignent que l’objectif des négociations est de mettre fin au conflit, d’obtenir le retrait d’Israël du sud du Liban et de permettre le retour chez eux des déplacés, dont le nombre est estimé à plus d’un million.

Mais le cessez-le-feu reste fragile. Une série de frappes israéliennes ont notamment visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l’agence nationale d’information (Ani, officielle).

Trump: cessez-le-feu entre Israël et le Liban Donald Trump a annoncé jeudi que le premier ministre israélien et le président libanais étaient d’accord pour un cessez-le-feu de 10 jours.

L’armée israélienne a pour sa part annoncé avoir commencé à frapper «des sites d’infrastructures du Hezbollah» dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d’autres zones du sud.

Elle dit avoir «détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah» pour mener des attaques contre Israël.

Le mouvement chiite continue de revendiquer des attaques intermittentes contre des positions israéliennes sur le sol libanais et le lancement de roquettes et de drones vers le nord d’Israël.

Israël «se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours», selon l’accord du cessez-le-feu publié le 16 avril par le département d’État américain.

Le Hezbollah refuse cette partie de l’accord et critique le fait qu’il n’ait pas été soumis au vote au sein du gouvernement libanais, où le groupe est représenté.

Selon des chiffres rassemblés par l’AFP à partir de sources officielles libanaises, les frappes israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche. Depuis le 2 mars, le conflit a déjà fait 2 509 morts et 7 755 blessés côté libanais.

Seize soldats israéliens ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon Israël.